L’ozone, fléau de l’agriculture indienne

Le 05 septembre 2014 par Romain Loury
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Riz: la moitié des exportations passe à la trappe
Riz: la moitié des exportations passe à la trappe
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L’ozone nuit gravement à l’agriculture. Particulièrement polluée, l’Inde enregistre d’ores et déjà des pertes faramineuses, de quoi nourrir 94 millions de personnes en blé et en riz, révèle une étude publiée dans les Geophysical Research Letters.

Selon une étude de 2009 citée par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) dans son dernier rapport, l’élévation du niveau d’ozone au cours de l’ère industrielle a sévèrement amputé les rendements agricoles de plusieurs grandes cultures: -10% pour le blé et le maïs, -3% à -5% pour le soja et le riz. La situation semble particulièrement critique en Chine et en Inde, un pays dont l’agriculture emploie 58% des habitants.

Si les estimations livrées par Sachin Ghude, de l’Institut indien de météorologie tropicale de Pune (au sud de Bombay), et ses collègues tempèrent un peu celles de l’étude de 2009, elles n’en demeurent pas moins inquiétantes. A l’aide de relevés détaillés des niveaux d’ozone, les chercheurs ont calculé l’impact de ce gaz sur les rendements agricoles de 4 grandes cultures, par Etat et pour l’ensemble du pays.

C’est le coton qui s’avère le plus vulnérable: sans ozone, la production serait supérieure de 5,3%. Viennent ensuite le blé (-5%), le soja (-2,7%) et le riz (-2,1%). Sans surprise, l’effet est plus marqué dans les zones les plus polluées, dont la plaine indo-gangétique qui couvre le nord du pays, ainsi que dans l’ouest du Maharashtra. Sans ozone, cet Etat, dont la capitale est Bombay, verrait sa production de blé bondir de 17%!

La moitié des exportations de riz

Selon les chercheurs, les pertes économiques s’élèveraient à 1,29 milliard de dollars par an pour l’Inde. Rien que pour le riz, les 2,1 millions de tonnes non produites équivalent à près de la moitié des exportations annuelles du pays! Et en associant riz et blé, le pays pourrait nourrir 94 millions de personnes en plus, soit 35% de la population vivant au-dessous du seuil de pauvreté.

Et ce n’est là que l’effet de l’ozone. L’Inde est également menacée par le dérèglement du cycle de moussons et le réchauffement climatique, qui auront leurs propres effets sur l’agriculture. De plus, la chute des rendements serait non seulement quantitative, mais aussi qualitative: selon des projections pour le XXIème siècle, la hausse du CO2 devrait appauvrir la qualité nutritionnelle  des principales cultures (voir le JDLE).

De quoi raviver les problèmes de sous-nutrition et de malnutrition qui minent déjà les pays du Sud. Et ce ne serait là que l’un des méfaits sanitaires de l’ozone, agent puissamment nocif pour les voies respiratoires, et qui bat des records dans les grandes mégalopoles du Sud.



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