L’ozone fait un retour en force en 2015

Le 03 novembre 2016 par Marine Jobert
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L'agriculture, fort émetteur de polluants atmosphériques.
L'agriculture, fort émetteur de polluants atmosphériques.
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La qualité de l’air en France s’améliore. Mais les concentrations en polluants restent très tributaires de la météo, dans un contexte de densification du trafic routier et de changement climatique. Et l’ozone fait son grand retour.

A la lecture du bilan de la qualité de l’air en France pour 2015, Bruxelles risque de faire les gros yeux. Car si les émissions et les concentrations des principaux polluants mesurés ont globalement baissé entre 2000 et 2015, les dépassements des normes sanitaires sont encore nombreux: 7 polluants sur les 12 réglementés présentaient en 2015 des dépassements des normes de qualité de l'air pour la protection de la santé humaine. La pluie et le beau temps feraient-elles la qualité de l’air en France? Il faut bien constater que, dans un contexte d’augmentation du trafic routier et de fréquence des épisodes de forte chaleur, alors que les émissions d’ammoniac de l’agriculture stagnent, les agglomérations semblent de plus en plus tributaires de… la météo.

Particules évolutives

En 2015, 16 agglomérations (situées dans la moitié Est de la France et dans les départements d’Outre-mer-DOM) n’ont pas respecté les normes sanitaires définies au niveau européen pour les trois principaux polluants (NO2, PM10 et O3). Elles étaient 24 en 2000, et 37 en 2003). Sur la période 2013-2015, 8 épisodes majeurs de pollution d’ampleur nationale aux particules PM10 ont été relevés. Des particules dont la composition évolue au fil des mois: en début d’hiver, le chauffage au bois et le brûlage des déchets verts, puis au printemps, les épandages d’engrais mêlés aux émissions de l’industrie et des transports. Le mois de mars est très propice à ces pics, comme en 2014 et en 2015. Des phénomènes naturels (éruptions volcaniques ou transport de poussières telluriques d’Afrique) peuvent aggraver le phénomène.

Zone Est sous l’ozone

L’ozone a fait un retour en force l’été 2015, «marqué par plusieurs périodes avec des concentrations élevées sous l’influence de conditions d’ensoleillement important et de vents faibles». C’est en Normandie, Ile-de-France, dans le Grand-Est et dans la région Provence- Alpes-Côte d’Azur que les épisodes d’ozone ont été les plus élevés et les plus fréquents, avec des concentrations supérieures au seuil d’information et de recommandation de la population (180 microgrammes par mètre cube), mesurées pour une trentaine de journées durant la période estivale, et ce dès le début du mois de juin.

10e sur 28

La France n’est pas un très bon élève européen, puisqu’elle fait partie des 10 Etats qui ne respectent pas leurs obligations. Bien qu’ayant dépassé le plafond fixé par Bruxelles, elle sauve sa tête pour 2012 en ce qui concerne les NOx grâce à un ajustement de l’estimation de ses émissions, négocié avec la Commission. Pour les SO2, les composés organiques volatils non méthaniques (COVNM) et le NH3, pour lesquels Bruxelles impose des objectifs à respecter depuis 2010, la France remplit ses obligations. En juin 2015, la France a toutefois reçu une mise en demeure de la part de la Commission européenne pour 19 zones[1]. Pour les PM10, la France a reçu un avis motivé en avril 2015 pour 10 zones[2].

Intensification du trafic

Au rayon bonne nouvelle, il faut noter que les émissions moyennes de dioxyde de soufre (SO2), d’oxydes d’azote (NOx) et de PM10 ont baissé (respectivement de 74%, 47% et 39%). La baisse des NOx s’explique par l’équipement progressif des véhicules en pots catalytiques, le renouvellement du parc de véhicules et la mise en place de normes européennes d’émissions pour les véhicules. «Ces avancées ont permis de contrebalancer l’intensification du trafic», constate le ministère de l’environnement.

Ozone en campagne

Les concentrations des 12 polluants règlementés ont également diminué, «mais le plus souvent dans des proportions plus faibles que pour les émissions». Et, comme pour les PM10, avec des variations fortes au cours de l’année. Quant aux poussées estivales en ozone (O3), très dépendantes des conditions météorologiques et du transport longue distance de pollution, elles n’évoluent pas significativement: les concentrations maximales sont généralement observées en milieu rural, compte tenu des mécanismes de formation de ce polluant. Près des axes routiers, les concentrations moyennes annuelles sont deux fois plus élevées pour les dioxydes d’azote (NO2) par rapport au fond urbain, 1,2 fois pour les PM10 et pour les PM2,5. Pour le SO2, les valeurs maximales sont mesurées à proximité d’industries et sont en moyenne annuelle 1,8 fois plus élevées que celles mesurées en fond urbain.

 

 



[1] Bordeaux, Clermont-Ferrand, Grenoble, Lyon, Marseille, Montpellier, Nice, Paris, Reims, Rennes, Rouen, Saint- Étienne, Strasbourg, Toulon, Toulouse, Tours, la vallée de l’Arve, la zone urbaine régionale de Languedoc-Roussillon et la zone urbaine régionale de Poitou-Charentes.

[2] Douai-Béthune-Valenciennes, Grenoble, Lyon, Marseille, la Martinique, Nice, Paris, Toulon, la zone urbaine régionale Provence-Alpes- Côte d’Azur et la zone urbaine régionale de Rhône-Alpes.

 



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