L'oxygène crée la discorde dans les eaux du Golfe du Mexique

Le 28 juillet 2010 par Thérèse Rosset
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Naviguez, il n’y a rien à voir. Selon les autorités américaines, les taux d’oxygène dissous dans les zones polluées par la marée noire ne sont pas alarmants. C’est du moins la conclusion d’une étude menée par le « Groupe d’analyse mixte » (JAG en anglais), composé de l’EPA (Agence de la protection de l’environnement), du bureau de la Maison Blanche de la politique de science et technologie (OSTP) et l’Administration nationale océanique et atmosphérique (NOAA).
 
L’analyse n’est pas partagée par certains scientifiques qui redoutent que les micro-organismes marins, avides de brut n’appauvrissent les eaux du golfe du Mexique en oxygène. Depuis les débuts de la marée noire, le 20 avril, les bactéries oléophiles consomment l’oxygène présent dans l’eau. D’où le danger d’anoxie. 
 
« La réduction de l’oxygène dans le Golfe est préoccupante », alerte Samantha Joye, bio-géochimiste à l’université de Géorgie, dans Nature News du 27 juillet. La scientifique a relevé une chute de 30 à 50% de l’oxygène dans certaines zones, situées dans un rayon de 8 km autour du puits accidenté, à des profondeurs comprises entre 1 000 et 1 300 mètres. 
 
« C’est un signal chimique très clair », analyse David Valentine, géo-microbiologiste à l’université de Californie. Son équipe est arrivée à des résultats proches de celui de Samantha Joye : une perte de 30 à 35 % d’oxygène aux mêmes profondeurs.
 
A contrario, l’étude gouvernementale ne relève que des « changements minimaux » dans les niveaux d’oxygène entre 1 000 et 1 400 mètres.
 
Comment expliquer pareilles divergences ? Pour la Maison Blanche, la réponse est simple. Les données des universitaires sont « erronées » et « pas sérieuses ». De leur côté, Samantha Joye et David Valentine rappellent qu’ils ont utilisé différentes méthodes pour vérifier la qualité de leurs résultats.
 
Si le gouvernement réfute en bloc la validité de ces résultats alarmistes, il préconise néanmoins dans son rapport le besoin de « surveiller l’oxygène dissous au fil du temps ». Aveu ou simple précaution ?



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