L’Organisation mondiale de l’environnement toujours en débat

Le 31 janvier 2012 par Stéphanie Senet
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A l’origine d’une conférence sur la gouvernance mondiale de l’environnement, les ministères français de l’écologie et des affaires étrangères ont débattu avec la société civile, ce 31 janvier, sur les contours d’une future Organisation mondiale de l’environnement (OME) qu’ils appellent de leurs vœux.

L’idée d’une super agence environnementale n’est pas nouvelle. Elle revient tous les 10 ans, en préparation d’un rendez-vous mondial. Elle est déjà évoquée en 1992, à la veille du sommet de Rio. On la retrouve en 2001 dans la bouche de Lionel Jospin, de Dominique Voynet et même de Jacques Chirac, alors président de la République.

Vingt ans plus tard, la France en fait sa proposition-phare en vue de Rio+20, dont la conférence intergouvernementale doit se tenir du 20 au 22 juin prochain. Deux journées de travail ont été organisées au Conseil économique, social et environnemental (Cese) à Paris pour enclencher une dynamique.

«Rio+20 peut être le pire comme le meilleur. Cela peut être une commémoration, un constat d’échec, ou au contraire une refondation», a lancé Nathalie Kosciusko-Morizet lors d’une conférence de presse.

Si la ministre de l’écologie défend l’OME, c’est aussi par peur de voir Rio+20 déboucher sur une impasse. «Le projet de draft zéro est aujourd’hui insuffisant», a-t-elle déclaré, en référence au premier texte des négociations publié le 10 janvier dernier (voir JDLE). Celui-ci envisage deux options pour la future gouvernance mondiale: une véritable organisation (type OME) ou le seul renforcement de l’actuel Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue), qui ne compte aujourd’hui que 58 Etats et qui se base sur leurs seules contributions volontaires.

Aujourd’hui, l’heure était aux propositions. La directrice générale de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a plaidé pour son système de gouvernance, qui regroupe des Etats et des ONG, «auquel il faudrait inclure des représentants des entreprises», a indiqué Julia Marton-Lefevre, «ainsi que les scientifiques», a estimé la ministre française de l’écologie.

Pour Monique Barbut, présidente du Fonds pour l’environnement mondial, «il est nécessaire d’associer à l’OME une institution distincte pour gérer les financements». Selon elle, de simples contributions budgétaires ne suffiront pas. «Il faut penser à la taxe sur les transactions financières et à des taxations plus sectorielles».

L’OME a-t-elle une chance de voir le jour à Rio? Nathalie Kosicusko-Morizet assure que «plus de 100 pays se sont déjà prononcés officiellement en faveur d’une organisation de type OME». On y trouve les 27 Etats membres de l’Union européenne, les 54 pays de l’Union africaine, mais aussi l’Islande, et des pays asiatiques et latino-américains: le Népal, la Thaïlande, la Malaisie, le Chili, l’Uruguay.

Mais Rio+20 réunira au total 194 Etats, et notamment les Etats-Unis, qui ne sont pas engagés en faveur d’une réforme de la gouvernance mondiale de l’environnement. Si «l’opposition Nord-Sud est aujourd’hui dépassée», comme l’a rappelé la ministre de l’écologie, la Chine, l’Inde ou le Brésil n’adhéreront pas pour autant à un nouveau modèle onusien…

Par ailleurs, certaines associations réunies autour du Collectif Rio+20 estiment que le projet d’OME est restrictif. «Sans cadre juridique contraignant, une nouvelle organisation de l’environnement ne règlera pas les problèmes», a précisé Céline Mesquida, chargée de mission à France Nature Environnement, lors d’une conférence de presse organisée le 27 janvier (voir JDLE).



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