L’Opecst présente son rapport sur la chlordécone

Le 25 juin 2009 par Sonia Pignet
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L’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst) a présenté hier à la presse son rapport intitulé «Les pesticides aux Antilles: bilan et perspectives d’évolution». Saisi par les deux commissions des Affaires économiques du Parlement, l’Opecst avait pour mission d’expertiser le plan Chlordécone initié en 2008, de présenter un aperçu de l’exposition des populations antillaises aux pesticides depuis l’interdiction d’utilisation de ce pesticide en 1993 et d’analyser les conditions d’association de l’agriculture antillaise au plan Ecophyto 2018, visant à réduire de 50% en 10 ans l’usage des produits phytopharmaceutiques.

La sénatrice Catherine Procaccia et le député Jean-Yves le Déaut ont réalisé 122 entretiens et plus de 200 heures d’audition pour élaborer ce rapport, qui sera prochainement rendu public. Il montre qu’à la Martinique et en Guadeloupe, respectivement 19% et 15% des surfaces agricoles utiles sont contaminées, et 8% et 9% très contaminés, c’est-à-dire avec une concentration supérieure à 1milligramme par kilo. Elle correspond à la valeur-seuil au-dessus de laquelle la contamination des végétaux est trop importante pour permettre des cultures, notamment des légumes racines. Concernant le plan Chlordécone, les deux parlementaires jugent positif son rythme d’exécution tout en constatant que la dévolution des crédits, en particulier de recherche, a été initialement un peu lente. Pour optimiser ce plan et prévoir l’après-plan, ils émettent une dizaine de recommandations, comme l’adaptation de la réglementation sur les pesticides aux données de la géographie antillaise, ou encore l’activation de la mise au point de la cartographie de la pollution et son extension aux eaux continentales et milieu marin.

Ils préconisent également de poursuivre la mission «A la recherche de la chlordécone perdue», qu’ils ont commencée, après avoir constaté que les Antilles n’ont utilisé que 300 tonnes de ce produit sur les 1.800 t produites mondialement. D’après leurs conclusions, ce pesticide aurait pu servir à lutter contre des agresseurs de la pomme de terre, «sans doute en Allemagne, en Pologne, en Ukraine et dans d’autres pays d’Europe», a indiqué Catherine Procaccia.

Pour l’instant, il n’existe pas de solutions techniques pour assainir des sols fortement contaminés, alors que la durée de vie du produit dans ce milieu varie de 1 à 7 siècles. Cependant, des mesures alimentaires permettent de réduire la présence de chlordécone dans le sang. Très attendus, les résultats de l’étude Karuprostate, qui analyse le rapport entre cancer de la prostate et chlordécone, seront connus en juillet.


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