L’ONU va auditer le MDP

Le 02 décembre 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Que faire d’un mécanisme de flexibilité à la faible contribution climatique et qui n’est plus encadré juridiquement? C’est à cette double et délicate question que le secrétariat de la convention Climat va devoir répondre dans les prochains mois.
 
Le protocole de Kyoto, dont les Etats-Unis, le Canada, le Japon et la Russie ne veulent plus, a créé plusieurs mécanismes de flexibilité, permettant d’utiliser des outils économiques pour réduire les émissions des pays, parties à la convention de 1992.
 
Parmi ces dispositifs, seul le mécanisme de développement propre (MDP) a enregistré quelques succès. Selon le dernier recensement publié par l’ONU, il a permis de financer 3.621 projets (fermes éoliennes, dispositifs d’efficacité énergétique, méthaniseurs, etc.) qui ont réduit les émissions de gaz à effet de serre de leurs promoteurs. Ensemble, ces opérations auront évité, entre 2000 et 2012, l’émission de 2,7 milliards de tonnes équivalent CO2: l’équivalent d’un trimestre d’émissions chinoises!
 
En sursis, le MDP est très critiqué. Il profite, pour l’essentiel, à l’Inde et à la Chine, qui ont monté plus de la moitié des projets. Plusieurs études ont montré qu’une bonne part (jusqu’à 20%) des opérations n’apportaient pas de réelles contributions à la lutte contre le changement climatique. De plus, le MDP a permis à certains industriels chinois de réaliser de très confortables plus-values en construisant des fours destinés à incinérer un gaz à effet de serre spécialement produit pour l’occasion.
 
Mais son point le plus faible du moment est son manque d’intérêt. Certes, le prix du crédit carbone généré par un projet MDP (une Urce) n’a jamais été aussi faible: 5,32 € pièce (représentant le droit d’émettre une tonne de CO2). Mais du fait de la crise, rares sont encore les industriels, notamment ceux participant à l’ETS européen, à avoir encore besoin de crédits carbone supplémentaires.
 
Fort de ces constats, l’ONU va donc imaginer un avenir pour le MDP. Peut-être avant la fin 2012, échéance de la première période d’engagement du protocole de Kyoto?


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