L’ONU s’attaque au gaspillage des eaux usées

Le 22 mars 2017 par Stéphanie Senet
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Les eaux usées, une manne pour l'irrigation
Les eaux usées, une manne pour l'irrigation

Dans son rapport annuel publié ce 22 mars, l’ONU-Eau estime que le recyclage des eaux usées est devenue une priorité pour répondre à la demande croissante d’eau douce dans le monde.

 

Les marges de progrès sont colossales. Avec plus de 80% des eaux usées qui sont rejetées dans l’environnement sans traitement, priorité doit être donnée à leur traitement, conclut l’opus onusien intitulé «Les eaux usées, une ressource inexploitée». La pollution s’aggrave en effet dans la plupart des fleuves africains, asiatiques et sud-américains tandis que la ressource se tarit. C’est pour cela qu’un des ODD (l’objectif du développement durable 6.3) cible la réduction de moitié des eaux usées non traitées et l’essor du recyclage et de lé réutilisation de l’eau sans danger en 2030.

Les eaux usées sont traitées à 70% dans les pays à revenu élevé. Un chiffre qui tombe à 38% dans les pays à revenu intermédiaire supérieur, à 28% dans les pays à revenu intermédiaire inférieur. Et à 8% seulement dans les pays à faible revenu.

 

842.000 morts par an

Sur le plan sanitaire, 842.000 personnes sont mortes à cause d’une contamination de l’eau potable ou de services d’assainissement défectueux en 2012. La faune marine n’est bien sûr pas épargnée. Le déversement des eaux usées dans les océans accroît les zones mortes, où périssent de nombreux organismes vivants, dont les récifs coralliens, à cause de taux d’oxygénation particulièrement bas. Selon le rapport, 245.000 kilomètres carrés d’écosystèmes seraient touchés dans le monde. Mais, les scientifiques estiment que le chiffre réel doit être largement supérieur, en raison d’un manque d’études dans de nombreuses zones notamment tropicales. 

 

L’agriculture en première ligne

Chaque année, ce sont environ 4.000 kilomètres cube d’eau douce qui sont prélevés dans le monde. 70% de ce volume est destiné à l’agriculture (consommation et drainage) selon Aquastat. Ensuite, il va générer des rejets de nutriments, pesticides, sels, sédiments, agents pathogènes, métaux et polluants émergents (médicaments) dans l’environnement. C’est pourquoi la réutilisation des eaux usées traitées s’avère nécessaire. C’est d’ailleurs une solution couramment utilisée au Moyen-Orient, en Afrique du Nord, au Mexique, en Chine et aux Etats-Unis. Aucun bilan chiffré n’est toutefois disponible au niveau mondial, regrettent les auteurs du rapport.

 

Stress hydrique

Sans surprise, le réchauffement a aggravé la situation. Au total, deux tiers de la population mondiale vivent dans des zones qui souffrent du manque d’eau pendant un mois par an au minimum. Par ailleurs, 500 millions de personnes habitent une région où la consommation d’eau est deux fois plus élevée que les ressources hydriques renouvelables locales. C’est surtout le cas en Inde, Chine, Méditerranée, Moyen-Orient, Asie centrale, Afrique subsaharienne, Australie, Amérique du Sud (centre et ouest) et Amérique du Nord (centre et ouest).

 

Réutilisation, irrigation

En conclusion, l’étude de l’ONU-Eau avance plusieurs solutions, à commencer par la réduction à la source des polluants. «Il est aisé de jeter quelque chose dans la rivière, mais malaisé de l’en retirer», dit le proverbe du Cachemire. Cet objectif pourrait être favorisé par le principe du pollueur-payeur de façon à encourager les comportements les plus sobres et les moins nuisibles à l’environnement.

La France ne réutilise que 0,1% de ses eaux usées traitées selon la FP2E. Essentiellement pour l'arrosage d'espaces verts. C’est un dixième de la moyenne de l’UE (2%).

Deuxième solution: renforcer la collecte et le traitement des eaux usées. Dans les villes des pays en développement, où la crise est la plus grave, des solutions peu coûteuses sont disponibles, comme la création de zones humides artificielles, étangs de stabilisation, fosses septiques…

Enfin, l’idée est surtout de réutiliser et récupérer les ressources afin d’alimenter l’irrigation, et l’aquaculture. C’est ce qui a été développé dans la vallée de Tula, au Mexique. Depuis plus de 110 ans, jusqu’à 50 mètres cube par seconde d’eaux usées venant de Mexico sont utilisées pour irriguer les exploitations.

 

 

 

 

 



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