L’ONU reconnaît les effets du réchauffement sur l’insécurité

Le 30 mars 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
L'ONU reconnaît enfin que le réchauffement peut accélérer la désertification.
L'ONU reconnaît enfin que le réchauffement peut accélérer la désertification.
VLDT

Dans une résolution, le Conseil de sécurité reconnaît le caractère belligène de certaines conséquences du changement climatique. Et appelle les gouvernements à adopter des stratégies «appropriées» de gestion des risques.

C’est peut-être la fin d’un débat stérile? Depuis 2003, polémologues et climatologues s’interrogent sur l’importance du facteur climatique dans le déclenchement de la guerre du Darfour, au Soudan. Aux premiers qui rappellent que les conflits entre pasteurs et cultivateurs sont légions, les seconds rétorquent que les sécheresses ont accru la désertification dans la région depuis les années 1970.

Dans un récent livre sur les impacts géopolitiques du climat[1], Rony Brauman, ancien président de Médecins sans frontières et bon connaisseur de la région, s’avoue incapable de déterminer qui du conflit séculaire entre nomades et paysans ou des conséquences du réchauffement était responsable de ce conflit, vu pourtant par certains comme «une sorte de précurseur des guerres climatiques».

Régions fragiles

Voilà donc une bonne quinzaine d’années que les autorités peinent à reconnaître que la perturbation du cycle de l’eau, la montée des températures, la recrudescence du nombre d’événements climatiques extrêmes, voire la montée du niveau de la mer, peuvent engendrer des conflits dans des régions fragiles. Ce n’est plus le cas.

Dans une résolution appelant à la prolongation du mandat de la Mission d’assistance des Nations unies en Somalie (MaNuSom), le Conseil de sécurité des Nations unies vient de faire un sérieux pas en avant. Adopté le 27 mars, le texte reconnaît les «effets néfastes des changements climatiques et écologiques, entre autres facteurs, sur la stabilité de la Somalie, notamment la rareté de l’eau, la sécheresse, la désertification, la dégradation des sols et l’insécurité alimentaire».

Gestion des risques

En conséquence, les 15 gouvernements membres du Conseil de sécurité (dont la France) estiment que «face à ces facteurs, il importe que les gouvernements et les organismes des Nations unies adoptent des stratégies appropriées d’évaluation et de gestion des risques». Une sacrée nouveauté.

En Afrique, les effets du réchauffement sont réputés avoir déstabilisé l’économie et les sociétés de nombreuses régions: nord Nigeria, pourtour du lac Tchad, corne de l’Afrique. Bon nombre d’experts attribuent aussi aux changements climatiques la responsabilité des désordres régnant dans la partie occidentale de la bande sahélienne.



[1] Le Changement climatique, menace pour la démocratie ?, Buchet Chastel, 2017.

 



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus