L’ONU rate son rendez-vous avec les océans

Le 12 juin 2017 par Stéphanie Senet
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La déclaration finale est jugée décevante
La déclaration finale est jugée décevante

Sans surprise, la conférence des Nations unies sur les océans s’est conclue, le 9 juin au soir, par l’adoption d’une déclaration d’intention manquant singulièrement d’ambition.

 

La première conférence onusienne sur les océans a raté le coche. Censé orchestrer la mise en œuvre du 14e objectif de développement durable (ODD), qui vise «la conservation et l’exploitation durable des mers, océans et ressources marines d’ici 2030 pour le bénéfice des générations présentes et futures», ce rendez-vous s’est conclu par un énième appel aux actions volontaires, adopté par les 193 Etats membres de l’ONU.

 

Recyclage de dispositions

«Si cette déclaration a le mérite d’exister, elle n’apporte pas grand-chose au débat car toutes ses dispositions ont déjà été inscrites dans des accords internationaux, dont la convention des Nations unies sur le droit de la mer, les objectifs d’Aichi de la convention sur la diversité biologique, ou les règles des organisations régionales de gestion de la pêche», observe Julien Rochette, directeur du programme Océan à l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri).

 

Bande à part

Au lendemain de l’annonce de la sortie de l’Accord de Paris, les Etats-Unis ont signé l’appel de New York mais en lui ajoutant quelques bémols. «Ils ont refusé de s’engager sur l’accélération de la suppression des subventions favorisant la surpêche et se sont dissociés du volet dédié au transfert de technologies, en expliquant qu’ils étaient très attachés aux droits de propriété intellectuelle», explique Julien Rochette. Curieusement, Washington n’a pas tiqué sur le 4e paragraphe qui stipule que les signataires sont «particulièrement alarmés par les effets néfastes que les changements climatiques ont sur l’océan», qu’ils sont «conscients qu’il faut remédier à ces effets» et qu’ils «estiment, à cet égard, que l’Accord de Paris revêt une importance particulière».

 

Négociations sur la haute mer

En cours, les négociations internationales sur la gouvernance de la haute mer ont été mentionnées dans le texte[1]. Elles visent à élaborer un instrument international juridiquement contraignant sur la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité marine des zones ne relevant d’aucune juridiction nationale. Importante, la prochaine étape se tiendra mi-juillet à New York. Le comité préparatoire remettra alors son rapport qui permettra à l’assemblée générale onusienne de décider, l’an prochain, si elle accepte de créer une conférence intergouvernementale.

 

1.300 engagements volontaires

Seule avancée, cette conférence a donné lieu à 1.300 engagements volontaires, dont l’importance s’avère très variable. A noter que plusieurs Etats asiatiques (Indonésie, Chine, Philippines et Thaïlande) se sont engagés à agir contre la pollution des océans par les microparticules plastique. Si cette promesse est une première dans cette région du globe, elle n’en reste pas moins floue. Plus tôt dans la semaine, 48 entreprises avaient assuré qu’elles allaient œuvrer contre la pêche illégale du thon et le travail forcé qui lui est associé.



[1] Paragraphe 13, alinéa 19

 



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