L’Onu aide l’Est à gérer le risque industriel

Le 03 novembre 2004 par Loïc Chauveau
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La section européenne de l’Organisation des Nations-Unies aidera les pays de l’ancien bloc soviétique à mieux appréhender la sécurité des sites industriels. C’est le principal résultat de la troisième conférence de la Convention sur les effets transfrontières des accidents industriels.

Réunis à Budapest du 27 au 30 octobre dernier, les 32 pays adhérents à la Convention ont dressé un tableau alarmant de la sécurité des activités industrielles dans tous les pays issus de l'ex Union soviétique. La CEE ONU (qui regroupe les pays du continent européen et les Etats issus de l'ex URSS soit 55 gouvernements) tente de gérer un difficile héritage. Le but de la Convention adoptée en 1992 et entrée en application en août 2000 est de réduire les risques industriels et  d'améliorer la sécurité des populations et des travailleurs dans les zones transfrontalières. Or, la situation ne cesse de se dégrader ainsi que l'a montré en 2003 la grave pollution du Danube provoquée par la rupture d'une décharge de déchets aurifères d'une mine de Roumanie.

La plupart des pays concernés sont de création récente. Les Etats centraux sont faibles, les conflits ethniques nombreux. L'activité économique est d'autant plus atone que la plupart de ces pays commerçaient auparavant avec la Russie, victime d'une brutale récession économique. Ces pays n'ont pas ou peu bénéficié d'investissements privés: «Cette situation politico-économique défavorable a pesé et pèse encore sur le secteur industriel, note le rapport de conclusion de la réunion de Budapest. Au début de la transition, la production a dégringolé, lorsqu'elle ne s'est pas interrompue parce que l'industrie était incapable de s'adapter rapidement aux nouvelles conditions économiques. Le taux d'utilisation des capacités tourne toujours souvent autour de 30 à 50% des niveaux antérieurs à 1990.»

Les installations industrielles n'ont donc pas été modernisées et utilisent des technologies obsolètes. Les procédures de sécurité sont absentes, le personnel, mal formé, est démotivé et les règlements et sanctions sont souvent oubliés. La situation est telle qu'une reprise de l'activité industrielle présenterait de nombreux risques: «Sur de tels sites, les risques, déjà élevés, ne feront sans doute qu'augmenter avec l'augmentation de l'utilisation des capacités industrielles, note l'organisme onusien. Un accident industriel aurait des retombées à la fois sur la santé et sur l'environnement d'une société déjà très fragilisée.»

Comment améliorer la maitrise des risques alors que se superposent la responsabilité des industriels, l'exercice de l'autorité des Etats, les relations internationales, l'autonomie de décision des pouvoirs politiques locaux et la nécessaire information et participation des citoyens? Quelques initiatives ont déjà eu lieu. La CEE ONU diffuse gratuitement les nomenclatures de produits dangereux et des précautions d'emploi afférentes. Les procédures de sécurité sont largement diffusées. Certains Etats reçoivent de l'aide pour collecter des informations sur leur tissu industriel car les plus élémentaires statistiques manquent parfois. Des mesures préventives sont imposées sur les sites les plus dangereux. L'Onu organise par ailleurs des exercices d'alerte et des séminaires. Ainsi, des exercices sur la protection des eaux du Danube se sont tenus en Hongrie, et des entraînements conjoints se déroulent entre les sécurités civiles de Pologne et de Russie. Un séminaire s'est tenu sur les difficultés particulières des pays du Caucase et d'Asie centrale qui sont les plus éloignés des critères minimaux de sécurité industrielle.

Ces actions ne suffisent pas. L'Onu entend donc bâtir un programme d'aide plus ambitieux. Mais les financements paraissent loin de répondre aux enjeux. Ainsi, l'Onu prévoit le recrutement d'un seul fonctionnaire supplémentaire pour faire vivre le programme et le financement des premières actions estimé à la modeste somme de 175.000 dollars (138.000 euros) n'est pas assuré. Les pays donateurs présents à Budapest ont promis d'organiser une «collecte de fonds».


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