L’Ontario va se retirer du marché carbone de l’ouest américain

Le 19 juin 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
Catherine McKenna, ministre fédéral du climat, promet des représailles au premier ministre ontarien.
Catherine McKenna, ministre fédéral du climat, promet des représailles au premier ministre ontarien.

 

Le nouveau Premier ministre de la province canadienne ne veut pas appliquer le plan climatique fédéral. Ottawa prépare des mesures de représailles.

 

Coup dur pour le gouvernement fédéral canadien. Depuis décembre 2016, l’administration de Justin Trudeau essaie de déployer une fiscalité du carbone dans tout le Canada.

Le deal proposé aux provinces est simple: participer à un marché de quotas d’émission de gaz à effet de serre ou mettre en place une taxe. Faute de quoi, c’est l’Etat fédéral qui imposera un système.

10 dollars par tonne de CO2

Peu importe lequel: l’essentiel est qu’il en coûte, dès 2018, 10 dollars canadiens (6,5 €) par tonne de CO2 émise et que ce coût progresse par la suite, jusqu’à atteindre les 50 $CA/t (32,5 €) en 2022, nous rappelait récemment Catherine McKenna, ministre fédéral de l’environnement et du climat.

Le produit de la dernière vente de quotas aux enchères, le 15 mai dernier, s'est élevé à 467 millions de dollars pour l'Ontario.

Depuis 2008, la Colombie britannique a fait le choix de la taxe et ne cesse de s’en féliciter. L’Alberta et la Saskatchewan devraient prochainement faire de même. En 2013, le Québec a rejoint le marché du carbone créé en 2010 par la Californie, la WCI. La région voisine, l’Ontario, avait emprunté le même chemin en avril 2015.

Machine arrière

Mais le Premier ministre élu de la province anglophone, Doug Ford, entend faire machine arrière. Elu le 7 juin dernier, le leader du parti progressiste conservateur de l’Ontario a immédiatement ciblé la WCI.

Lundi 18 juin, au cours d’une conférence de presse, l’homme d’affaires a annoncé que sa première mesure serait de quitter le plus grand marché nord-américain du carbone: «Une fois que nous serons à la législature, nous déposerons une loi pour nous débarrasser de la bourse [du carbone] ».

La réplique du gouvernement fédéral ne s’est pas fait attendre. Catherine McKenna a confirmé qu’en cas de retrait de la WCI, l’Ontario s’exposait à une taxe carbone fédérale; taxe dont le produit serait directement reversée aux Ontariens par l’administration Trudeau. Un contentieux qui pourrait faire des émules.

 

 



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus