L‘ONF se cherche un avenir

Le 20 octobre 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le 19 mai 2009, le président de la République prononçait un discours volontaire sur la nécessité de dynamiser la filière Bois française. Alors que les besoins ne cessent de s’accroître, Nicolas Sarkozy s’étonnait du fait qu’avec l’un des plus grands massifs forestiers d’Europe, la France soit obligée d’importer grumes et produits forestiers. Dans la foulée, le locataire de l’Elysée commanda pléthore de rapports. Le président du conseil d’administration de l’Office national des forêts (ONF) publie le sien aujourd’hui.

Dans son opuscule, Hervé Gaymard propose, tout d’abord, les moyens permettant à l’Epic de trouver une certaine stabilité. Alors que de folles rumeurs de démantèlement ou de découpage courent, le président du conseil général de Savoie rappelle « que le changement de statut de l’Office n’est pas à l’ordre du jour, non plus que son démembrement ».

 

Cette situation, on le sent bien, a quelque peu déstabilisé les héritiers du corps des Maîtres des eaux et forêts, instauré, au XIIIe siècle par Philippe le Bel. Raison pour laquelle le député de Savoie « entend restaurer la confiance légitime avec l’ensemble des acteurs de la filière ». A commencer par les forestiers eux-mêmes. Un audit social de l’ONF pourrait être conduit par un cabinet spécialisé n’appartenant pas à l’administration.

 

Confrontée à une série inédite de suicides (une quinzaine en 5 ans), l’Office entend restaurer le dialogue social et mieux prendre en compte les spécificités du travail des forestiers. « Dans le cadre de la réforme des retraites, la question de la pénibilité du travail en forêt devra également être prise en compte, pour améliorer la situation des ouvriers forestiers durement exposés, et dont la fin de carrière doit être améliorée. »

 

A cette fin, Hervé Gaymard entend également que l’Etat prenne en charge le paiement des retraites des fonctionnaires de l’Office, « comme cela a été le cas pour la Poste et la RATP ». En effet, le taux de cotisation patronale pour la pension desdits fonctionnaires est passé de 33 % en 2006 à 67 % en 2011. Pour l’exercice en cours, l’ONF versera donc 94,1 millions d’euros de cotisations, soit pratiquement la moitié du chiffre d’affaires de vente de bois.

 

Les relations devront être améliorées, aussi, avec les 11.500 communes forestières. A cet effet, Hervé Gaymard suggère la création de syndicats intercommunaux : une structure permettant d’organiser la gestion d’un massif forestier dans son ensemble.

 

Attaché au statut d’Epic, l’ancien ministre milite toutefois pour que l’ONF puisse réformer sa gouvernance. L’Office pourrait voir son conseil d’administration « qui ne doit plus être un conseil de la forêt française ». Sa direction ne serait plus bicéphale (président du conseil d’administration et directeur général) mais concentrée dans les mains d’un « véritable » président-directeur général. Fustigeant l’Etat, « mauvais actionnaire », Hervé Gaymard souhaite que le « premier gestionnaire d’espaces naturels de France » soit enfin doté d’un capital de 300 millions €. Payable éventuellement en plusieurs années.

 

Ainsi relooké « en une véritable entreprise publique », l’Office serait en mesure de développer la filière Bois française. A condition toutefois de pouvoir moderniser certaines de ses infrastructures. A condition aussi que la forêt privée (dont les 12 millions d’hectares appartiennent à 3,5 millions de propriétaires) puisse être remembrée.

 

Ce n’est qu’à ce prix que les forestiers français pourront accroître de 21 millions de mètres cubes la récolte annuelle de bois, dont 12 millions de bois énergie. Deux promesses du Grenelle Environnement.



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