L’OMS préconise un durcissement de la directive sur la qualité de l’air

Le 05 juillet 2013 par Marine Jobert
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La pollution de l'air est multifactorielle.
La pollution de l'air est multifactorielle.
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C’est une somme de 309 pages, qui mouline en 24 questions toutes les données scientifiques disponibles depuis l’édition en 2005 des lignes directrices de l’Organisation mondiale de la santé sur la qualité de l’air. Le projet Revihaap«Données relatives aux aspects sanitaires de la pollution atmosphérique en vue de réviser les politiques de l’UE» – commandé à l’OMS par l’Union européenne, vient d’être publié. Et il n’est pas tendre avec la réglementation communautaire, puisqu’il établit que bien souvent, des effets sanitaires apparaissent en-deçà des valeurs limites retenues pour les particules fines, l’ozone et le dioxyde d’azote. L’Union dispose désormais d’une base scientifique solide pour mener à bien la révision de la directive européenne sur la qualité de l’air.

 

Les particules fines font l’objet d’une littérature scientifique abondante. «Il n’y a aucune preuve d’un seuil d’exposition sûr, en-dessous duquel aucun effet négatif sur la santé n’interviendrait», prévient l’OMS, qui rappelle que plus de 80% des Européens sont exposés à des niveaux de particules supérieurs à ceux préconisés par les lignes directrices de l'OMS. Ce qui réduit de 8,6 mois, en moyenne, la durée de vie de chaque individu [JDLE]. L’exposition à long terme aux particules fines (PM2,5)[1] peut provoquer l'athérosclérose, des perturbations des naissances et des maladies respiratoires chez l'enfant. Le rapport suggère également un lien avec le développement neurologique, la fonction cognitive et les diabètes et confirme le lien causal entre l’exposition aux particules fines et les décès dus à des maladies cardiovasculaires et respiratoires.

 

L’OMS considère qu’il y a une nécessité à réviser les lignes directrices qu’elle a édictées pour les PM10 et les PM2,5: elle préconise d’édicter des limites d’exposition deux fois plus élevées que les valeurs qu’elle recommande. Pour l’ozone, l’émergence de preuves quant aux effets de l’exposition à long terme –notamment sur la mortalité due à des maladies respiratoires et sur les décès de personnes prédisposées du fait d'affections chroniques- impose des modifications dans la réglementation. Des résultats qui s'ajoutent à ceux précédemment obtenus sur les effets à court terme, que vise la réglementation en vigueur. Il semblerait également que l'exposition à l'ozone ait une incidence sur le développement cognitif et la santé génésique[2], y compris les naissances prématurées. L'étude recommande l'élaboration de lignes directrices sur la qualité de l'air pour les concentrations moyennes d'ozone à long terme.

 

Un durcissement des normes est également recommandé pour le dioxyde d'azote. De nouvelles études ont associé les expositions au NO2, à court et long terme, à des décès, des admissions hospitalières et à des symptômes respiratoires, à des concentrations égales ou inférieures aux valeurs-limites actuellement établies par l'UE (qui sont au même niveau que les lignes directrices sur la qualité de l'air de l’OMS).

 

Les effets sanitaires des polluants atmosphériques peuvent difficilement s’envisager seuls, puisqu’ils ont souvent des sources communes et qu’ils sont souvent liés par des processus chimiques complexes dans l’atmosphère. «Les effets attribués individuellement à chaque polluant peuvent être influencés par la toxicité induite par le mélange de tous les polluants atmosphériques entre eux», écrivent les experts, qui reconnaissent que «certaines interactions peuvent modifier la toxicité du mélange.» Mais les études sur les conséquences sanitaires de ces synergies font défaut, par manque de données et de règles méthodologiques.

 

Quelques lignes sont consacrées aux biocarburants, dont les effets sanitaires –comparés aux combustibles fossiles qu’ils remplacent- ont été peu étudiés. Les résultats des rares travaux disponibles sont contradictoires. «Des études allemandes ont mis en évidence un accroissement significatif des effets mutagènes, par un facteur 10, des extraits de particules d’huile de colza par rapport à du diesel. Et la phase gazeuse engendre une mutagenèse encore plus forte. Il a également été démontré que le biodiesel à une cytotoxicité[3] 4 fois plus grande que le diesel conventionnel à l’arrêt.» Des résultats épars et contradictoires, obtenus selon des protocoles non harmonisés, note prudemment l’OMS.

 

 

 



[1] D’un diamètre moyen de 2,5 micromètres, les particules fines sont composées de particules suies, d’aérosols organiques et inorganiques.

[2] Se rapportant à la génération et à la reproduction des êtres vivants.

[3] Propriété qu'a un agent chimique ou biologique d'altérer des cellules, éventuellement jusqu'à les détruire.

 

 

 



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