L’OMS alerte sur les dangers de l’eau contaminée

Le 13 avril 2017 par Stéphanie Senet
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500.000 morts sont liées, chaque année, à la consommation d'eau contaminée
500.000 morts sont liées, chaque année, à la consommation d'eau contaminée

Près de 2 milliards de personnes consomment une eau contaminée par des matières fécales, déplore un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) publié ce 13 avril.

«Consommer de l’eau contaminée par des matières fécales expose au risque de contracter le choléra, la dysenterie, la typhoïde et la poliomyélite», recadre Maria Neira, directrice du département Santé publique, déterminants sociaux et environnementaux de la santé à l’OMS.  Chaque année, l’eau impropre à la consommation provoque 500.000 décès par diarrhée et représente un facteur majeur de propagation de maladies tropicales négligées, comme les parasitoses intestinales, la schistosomiase et le trachome.

 

Hausse de 5% par an

Si les pays ont augmenté leurs budgets alloués à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène d’environ 5% par an au cours des trois dernières années, cet effort reste insuffisant. Dans de nombreux pays en développement, l’accès à l’eau potable reste encore une denrée rare, montre ce rapport réalisé au nom de l’ONU-Eau[1], basé sur les données réactualisées de 75 pays[2] et de 25 organismes d’aide au développement.

Pourtant, les nouveaux objectifs du développement durable (ODD) qui visent, en 2030, à garantir l’accès de tous à l’eau potable à un coût abordable (6.1) et à des services d’assainissement et d’hygiène adéquats dans des conditions équitables (6.2), sont encore loin. Les trois quarts des pays analysés affichent des financements insuffisants pour tenir ce cap. Ce qui pénalise surtout l’accès à l’eau et à l’assainissement dans les zones rurales.

 

132 Md€ d’investissements nécessaires

Pour parvenir à atteindre les ODD, la Banque mondiale estime qu’il faudrait investir 114 milliards de dollars (107 Md€) par an dans des installations (coûts de fonctionnement et de maintenance exclus). «Nous sommes confrontés à un défi que nous pouvons relever», a déclaré le président de l’ONU-Eau, Guy Rider. «Des investissements accrus dans l’accès à l’eau et à l’assainissement produisent des bénéfices importants pour la santé et le développement humains, permettent de créer des emplois et assurent de ne laisser personne de côté», a-t-il ajouté.

Les dépenses prises au titre de l’aide publique au développement consacrées à l’eau et à l’assainissement ont progressé de 6 Md€ en 2012 à 7 Md€ en 2015. Mais les engagements pris dans le secteur ont baissé sur la même période, passant de 9,8 Md€ à 7,7 Md€ au niveau mondial.

Redevances des ménages

Dans deux tiers des cas, la première source de financement de l’accès à l’eau et à l’assainissement est constituée des redevances versées par les ménages. Les subventions allouées par les gouvernements ne représentent que 24% de la facture. Parmi les solutions, le rapport cite une meilleure utilisation des ressources existantes et la création de nouvelles taxes.

 

Données perfectibles

Autre défi mis en exergue par cet opus de 100 pages: améliorer les données sur les financements alloués à l’eau et à l’assainissement. En effet, seuls 42 pays sur 75 sont capables de chiffrer les dépenses publiques.

Dans un rapport publié le 22 mars, l’ONU-Eau a par ailleurs alerté l’opinion sur le nécessaire recyclage des eaux usées dans le monde. Un autre ODD (6.3) vise d’ailleurs à diminuer de moitié les eaux usées non traitées et à augmenter «considérablement» la réutilisation sans danger de l’eau.

 

 



[1] Il s’agit du rapport GLAAS 2017.

[2] 20% d’entre eux sont à faible revenu, 40% à revenus intermédiaires inférieurs, 35% à revenus intermédiaires supérieurs et 5% à hauts revenus.

 



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