L’OMC échoue à éradiquer les subventions nocives à la pêche

Le 14 décembre 2017 par Stéphanie Senet
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L'Inde a torpillé les négociations
L'Inde a torpillé les négociations
Photo: (c) WTO/Jay Louvion (Studio Casagrande)

Un accord visant à réglementer les subventions nocives à la pêche a été torpillé par l’Inde, lors de la 11e conférence de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), qui s’est conclue le 13 décembre à Buenos Aires (Argentine).

«L’OMC n’avait jamais été aussi près de trouver un accord international juridiquement contraignant. Mais à peine quelques heures après le démarrage des pourparlers, certains membres ont sérieusement affaibli le projet de décision ministérielle. Et l’Inde a porté un coup fatal à la négociation», commente l’ONG Bloom dans un communiqué. New Dehli s’est en effet opposé à tout sujet, y compris aux subventions à la pêche non déclarée et non réglementée (INN).

L’objectif d’éradiquer les subventions nocives à la pêche en 2020 a déjà été acté à l’ONU dans le cadre des objectifs de développement durable (14.6). «Mais lorsque les décisions sont juridiquement contraignantes, comme à l’OMC, les ministres ignorent totalement ce mandat, pourtant clair», observe Rémi Parmentier, spécialiste des océans et directeur du groupe Varda. Les ministres ont seulement consenti à s’engager à trouver un accord d’ici fin 2019.

Un consensus élargi

L’initiative en faveur de la fin des subventions nocives à la pêche est toutefois soutenue par un nombre croissant de pays. Aux côtés des chefs de file -l’Union européenne et la Nouvelle-Zélande- se trouvent aussi la Norvège, l’Islande, le Pakistan, le Canada, l’Argentine, le Costa Rica, la Colombie, le Panama, le Pérou, l’Uruguay, le groupe ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) et le groupe des pays les moins développés, selon Bloom. Avec le groupe Varda, l’ONG appelle l’OMC à maintenir l’élan et à parvenir à un accord d’ici fin 2018, sans attendre la prochaine réunion ministérielle, prévue en 2019.

Alors que 31% des stocks halieutiques sont surexploités et 58% proches du rendement maximum durable selon la FAO[1], les subventions favorisant la pêche illégale, la surpêche et la surcapacité de pêche représentent chaque des dizaines de milliards de dollars.

 

 

 

 



[1] L’Organisation de Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture

 



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