L’océan Arctique, nouvelle route… pour les espèces invasives?

Le 02 juin 2014 par Romain Loury
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L'Arctique, voie de passage plus rapide
L'Arctique, voie de passage plus rapide
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Tracées par le réchauffement climatique, les nouvelles voies maritimes arctiques pourraient constituer de véritables autoroutes pour les espèces invasives, craignent deux chercheurs dans la revue Nature Climate Change.

Le réchauffement fait parfois quelques heureux. Parmi ceux-ci, les opérateurs du transport maritime, qui disposent désormais de deux nouvelles voies. La première, appelée «passage du Nord-Est», longe la côte nord de la Russie: de 4 cargos en 2010, elle a été empruntée par 71 d’entre eux en 2013.

Quant au passage du Nord-Ouest, qui traverse le nord du Canada, il a pour la première fois été utilisé fin septembre 2013, par un cargo danois. Pour l’un comme pour l’autre, une récente étude a montré qu’ils pourraient être pratiqués sans brise-glace en 2050.

En termes de commerce maritime, jusqu’alors réduit au canal de Panama et au canal de Suez, ces deux voies constituent un gain de temps et d’argent, car elles permettent de plus grosses cargaisons –lesquelles étaient limitées, avec les deux canaux cités ci-dessus, pour des raisons de profondeur. En revanche, l’environnement n’en sortira pas gagnant.

Outre le fait que ces deux voies septentrionales ouvrent de nouveaux eldorados pour le pétrole, le gaz et les métaux rares, elles pourraient favoriser l’échange d’espèces invasives d’un point à l’autre du globe, voire d’invasion même des eaux arctiques, craignent Whitman Miller et Gregory Ruiz, du Smithsonian Environmental Research Center à Edgewater (Maryland). Et ce par transport sur les flancs du bateau ou dans les eaux de ballast.

Plus de filtre de température ou de salinité

Déjà bien connu, ce phénomène de transport d’espèces pourrait bien redoubler d’intensité. Principale raison, la température: jusqu’alors, les eaux chaudes baignant les canaux du Panama et de Suez pouvaient éliminer les espèces provenant des latitudes nordiques. Par ailleurs, l’eau du canal de Panama est douce, ce qui entraîne, à l’entrée et à la sortie, un choc osmotique souvent mortel pour les espèces invasives. En transitant directement par le nord, celles-ci ne seront plus soumises à ces filtres, prévoient les deux chercheurs.

Parmi les solutions, celle du renouvellement de ballast en haute mer, prônée par la Convention internationale pour la gestion des eaux de ballast, mise en place en 2004 par l’Organisation maritime internationale (OMI). Les espèces côtières ayant peu de chances de survivre en haute mer, le risque est très réduit de voir certaines d’entre elles coloniser d’autres côtes.

Selon Gregory Ruiz, «la bonne nouvelle, c’est que l’écosystème arctique est encore relativement intact, et a peu connu d’invasions à ce jour. Ce nouveau corridor est juste en train de s’ouvrir. C’est le moment idéal pour proposer des stratégies de prévention, afin de minimiser les impacts écologiques, économiques et sanitaires de telles invasions d’espèces».



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