L’océan Arctique, à l’avant-garde de l’acidification

Le 19 juin 2015 par Romain Loury
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Une acidification galopante
Une acidification galopante
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L’océan Arctique pourrait être l’un des premiers à souffrir fortement de l’acidification. D’ici 15 ans, plusieurs de ses mers pourraient avoir dépassé la gamme de variabilité naturelle, ce qui aurait des conséquences gravissimes sur le développement des invertébrés, révèle une étude menée par des chercheurs de l’administration américaine en charge de l’atmosphère et des océans (Noaa).

L’océan Arctique est particulièrement sensible à l’acidification. Outre le fait qu’il absorbe plus de CO2 atmosphérique en raison de sa température, le processus d’acidification y est accéléré par plusieurs phénomènes, dont l’upwelling qui fait remonter des eaux plus riches en CO2 à la surface, ainsi que la fonte de la banquise. En accroissant la surface d’eau liquide, celle-ci accroît d’autant l’absorption de CO2.

La situation pourrait rapidement devenir intenable pour la faune marine, révèle une étude publiée par Jeremy Mathis, du Pacific Marine Environmental Laboratory de Newport (Oregon), et ses collègues dans la revue Oceanography.

Au terme d’expéditions menées en 2011 et 2012, les chercheurs prédisent que l’acidification aura dépassé la variabilité naturelle de pH en 2025 dans la mer de Beaufort, en 2027 dans la mer des Tchouktches, et en 2044 dans la mer de Béring –où le pH est plus variable.

Plus d’aragonite pour les invertébrés

Résultat: l’océan Arctique étant naturellement assez pauvre en carbonates, l’acidification pourrait rapidement en entraîner une  baisse très importante. Or l’un de leurs dérivés, l’aragonite, constitue l’élément de base de la coquille de nombreux invertébrés, qui pourraient ainsi disparaître en masse.

«La composition chimique de ces eaux pourrait ne plus être assez saturée de carbonate de calcium pour permettre à certains animaux, des petits escargots de mer jusqu’aux crabes royaux d’Alaska, de construire et maintenir leurs coquilles à certaines périodes de l’année», explique Jeremy Mathis. Avec de rapides conséquences sur l’ensemble de l’écosystème marin, des poissons aux baleines, qui se nourrissent de ces invertébrés.



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