L'OCDE mesure les coûts de l'inaction

Le 22 avril 2005 par Christine Sévillano
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email

Il est facile de chiffrer les actions entreprises pour la protection de l'environnement, l'inverse est bien plus difficile puisqu'il faut prendre en compte des facteurs complexes et multiples. L'OCDE relève pourtant le défi et propose ses premières réponses.

L'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) a tenu la semaine dernière une réunion du Comité des politiques d'environnement pour évaluer les coûts liés à l'absence d'action environnementale dans trois domaines: le réchauffement climatique, la perte de la biodiversité et les effets de la pollution sur la santé humaine. Les travaux commencés l'an dernier ne sont pas aisés à mener en raison de la diversité des populations, des effets non-linéaires sur l'environnement et des incidences secondaires venant d'autres facteurs environnementaux.

Avant même d'arriver à des conclusions, il faut relever d'importants défis méthodologiques. Les phénomènes sont souvent très complexes et mal connus, comme l'incidence exacte des polluants sur la santé des hommes. La dégradation de l'environnement provoque des dommages sur les biens et les services qui sont difficiles à évaluer, surtout en termes financiers. Les conséquences peuvent en outre être longues à se déclarer, elles sont aussi parfois non linéaires et cumulatives, comme les émissions des gaz à effet de serre. Les données vont également dépendre des scénarios de référence retenus, qui doivent prendre en compte les évolutions technologiques respectueuses de l'environnement. Autant de facteurs relativisant les données apportées par les consultants qui ont préparé des documents de référence.

Ainsi, Geoffroy Heal de l'université de Columbia, a pris quelques exemples pour rappeler la grande valeur économique de la biodiversité pour plusieurs secteurs industriels. La bioprospection, qui est l'exploitation de substances présentes dans la nature (sources de composés pour la pharmacologie), pourrait être victime de la perte de biodiversité. Elle peut coûter extrêmement cher à l'industrie pharmaceutique étant donné qu'un produit pharmacologique de grande diffusion peut rapporter 3,8 à 7,6 milliards de euros par an (en excluant les coûts de production). Geoffroy Heal évoque aussi le stockage des rejets de carbone réalisé naturellement par les forêts. Les forêts tropicales humides peuvent piéger jusqu'à 20 tonnes de CO2 par hectare et par an, soit une économie de 200 euros par hectare et par an si on l'on prend en compte le système d'échange des droits d'émissions de gaz à effet de serre de l'Union européenne (LTS) qui s'établit à 10 euros la tonne de CO2. La biodiversité apporte aussi des bénéfices de plusieurs milliards d'euros par le biais du tourisme et de l'hydrographie.

Les effets de la pollution sur la santé humaine, et notamment la pollution atmosphérique, représentent une part significative des coûts de l'inaction des pouvoirs publics en matière d'environnement, selon Stäle Navrud, de l'université des sciences de la vie de Norvège. Il revient sur une étude polonaise récente qui a montré que les incidences sanitaires représentaient entre 61 et 77% du coût total de l'inaction sur la pollution atmosphérique (qui inclut les atteintes aux biens, au patrimoine culturel et aux écosystèmes). Cette pollution coûterait entre 0,8 et 1% du PIB. Sur le changement climatique, William Cline du Centre pour le développement mondial et de l'Institut de l'économie international (1), fait valoir que le coût d'une inaction permanente coûterait 109.400 milliards de euros, un chiffre qui tient compte des dommages du réchauffement. Le report de mesures de réduction des émissions de carbone pourrait également s'élever à 5.300 milliards de euros sur deux décennies.



(1) Center for Global Development et Institute for International Economics.




A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus