L’OCDE déconseille les subventions au véhicule électrique

Le 19 juin 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Twizy: l'avenir du véhicule électrique ?
Twizy: l'avenir du véhicule électrique ?
Renault

Paradoxe. Au moment où deux commissaires européens inaugurent, aujourd’hui 19 juin, les premières bornes de recharge situées à proximité des bâtiments de la Commission, l’OCDE déconseille aux gouvernants de subventionner l’achat de véhicules électriques.

Pour en arriver à pareille conclusion, l’économiste Philippe Crist se base sur la situation française, pour deux raisons essentielles. D’une part, seul Renault met sur le marché des véhicules électriques très proches de leur cousine thermique (Kangoo, par exemple), facilitant les comparaisons. L’Hexagone se distingue aussi par son dispositif de bonus/malus.

Une incitation à l’achat du véhicule propre dont l’Insee fustige, dans une note de janvier dernier, l’inefficacité environnementale. «A court terme, le bonus/malus, dans la formule mise en place en 2008, aurait augmenté les émissions totales de CO2 de près de 170 kilotonnes par trimestre, soit une hausse de 1,2%. Ce résultat s’explique essentiellement par le surcroit de ventes de véhicules neufs, dont la production augmente les émissions», indiquaient les deux auteurs.

Dans son rapport, l’analyste de l’OCDE rappelle que le prix d’une voiture électrique est 4.000 à 5.000 euros supérieur à celui d’un véhicule thermique comparable. En France, ce surcoût est totalement compensé par le bonus/malus, lequel prévoit une aide de 5.000 € pour l’achat d’un véhicule électrique.

Or, dans bien des cas, estime Philippe Crist, cette aide n’est pas pertinente. «Les automobilistes qui roulent 90 kilomètres par jour, comme les taxis, les utilisateurs de véhicule d’entreprise ou les livreurs, avec un véhicule électrique de la génération actuelle, vont dépenser beaucoup moins d’argent en électricité que ceux qui utilisent un véhicule thermique. Au final, leur coût d’exploitation plus bas permettra de compenser largement le prix d’achat du véhicule.»

D’une façon plus générale, l’OCDE estime que la subvention à l’achat d’une voiture électrique est un moyen excessivement cher de réduire l’empreinte carbone du transport routier.

Entre la sortie d’usine et l’envoi à la casse (une quinzaine d’années, environ), les véhicules thermiques vont émettre entre 18 et 50 tonnes de CO2 de plus que les descendantes de la Jamais Contente.

Certes, mais dans le même temps, ces dernières coûteront à la société entre 7.000 et 12.000 € de plus. En d’autres termes, nous devrons investir entre 500 et 700 € pour éviter l’émission d’une tonne de gaz carbonique en roulant électrique. En cette période de vaches maigres, la collectivité appréciera.

D’où la question conclusive posée par l’économiste de l’OCDE: «Le véhicule électrique ne doit-il pas rester un engin de petite taille et à vocation urbaine, comme le Twizy de Renault?»

Ce qui aurait comme autre avantage de réduire le coût de la mise en œuvre de l’infrastructure publique de recharge. Selon le livre blanc du sénateur Louis Nègre, l’installation sur la voie publique d’un point de recharge coûte entre 5.000 et 8.000 € pièce. Selon ERDF, 400.000 de ces «prises» publiques devront être opérationnelles pour atteindre l’objectif des 2 millions de voitures électriques en 2020, fixé par le gouvernement.

Préparez vos chéquiers.



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