L’observatoire Climate Chance pointe les succès climatiques des collectivités

Le 21 novembre 2018 par Stéphanie Senet
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Copenhague doit sa réussite à son réseau de chaleur
Copenhague doit sa réussite à son réseau de chaleur

Publié le 19 novembre, le premier rapport de l’observatoire Climate Chance, spécialisé dans l’action climatique des acteurs non étatiques, représente une vaste boîte à idées pour les décideurs locaux et nationaux.

Quand les engagements des réseaux de collectivités fusent dans tous les sens et que les outils de reporting diffèrent selon les collectivités, toute tentative d’évaluer les bonnes actions accomplies relève de l’exploit. Ce défi a pourtant été relevé par l’équipe de l’observatoire Climate Chance. Mission (impossible?): recenser et analyser les données évaluant les trajectoires au niveau local des émissions de gaz à effet de serre dans le monde.

La convention des maires en tête de peloton

S’il ne fallait retenir qu’un chiffre de l’action territoriale au niveau européen, ce serait celui-ci: les villes membres de la convention des maires sont parvenues à réduire de 23% leurs émissions en 10 ans[1]. Un bon résultat pour ces 315 collectivités qui représentent tout de même 31% de l’effort européen attendu par les Etats membres de l’UE en 2030 et abritent 25,5 millions d’habitants. «Ce chiffre est sérieux dans la mesure où il provient des inventaires de suivi reçus en septembre 2016 par le centre commun de recherche de la Commission européenne. Surtout, ces inventaires ont respecté la même méthodologie d’évaluation», décrypte Amaury Parelle, chargé de mission pour l’observatoire Climate Chance. En clair, ils fournissent des chiffres comparables, ce qui est rarement le cas.

Réseaux de chaleur et économies d’énergie

En passant au peigne fin les expériences de 23 villes et régions dans le monde, l’observatoire a par ailleurs dégagé une série de bonnes pratiques. A commencer par le «formidable potentiel des réseaux de chaleur». A Copenhague, les systèmes de cogénération alimentés par la biomasse sont le facteur majeur de la baisse des émissions de GES de 38% entre 2005 et 2015.

Autre enseignement: le développement des énergies renouvelables et des mesures d’efficacité énergétique présentent un effet rapide sur les émissions de GES.

Des transports moins efficaces

En revanche, les transports affichent de moins bons résultats, sans doute à cause de l’essor du parc automobile dans un grand nombre de collectivités. Hormis quelques exceptions, lorsque les maires veulent à la fois réduire l’automobile, accroître le transfert modal et l’efficacité énergétique des transports, les actions mises en place restent décevantes. C’est le cas des nombreuses mesures en faveur d’une mobilité individuelle électrique, qui n’ont toujours pas produit de résultats significatifs sur les émissions de GES. Même chose pour le déploiement des pistes cyclables qui se résument à des kilomètres d’étendue, sans que leur utilisation réelle ne soit précisée.

Enfin, l’observatoire cite quelques bonnes pratiques en matière de gouvernance, comme la mise en consultation par Fribourg de son nouveau plan Climat pendant un an, ou encore la mise en place par la région Nouvelle-Aquitaine d’un Conseil permanent de la transition énergétique et du climat (COPTEC) permettant de piloter la transition avec 500 acteurs, y compris économiques, du territoire.



[1] La période observée s’étale en majorité entre 2005 et 2014-2016

 



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