L’Italie soupçonne l’exploitation pétrolière de provoquer des séismes

Le 15 avril 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le séisme avait détruit des milliers de bâtiments.
Le séisme avait détruit des milliers de bâtiments.
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La région d'Emilie-Romagne a annoncé, ce 15 avril, la suspension de tout nouveau forage après la publication d'un rapport international; d'après celui-ci, l'exploitation d'hydrocarbures pourrait avoir participé au déclenchement de deux séismes à quelques jours d'intervalle, en mai 2012, qui avaient tué 26 personnes et détruit plusieurs milliers d’habitations.

L'interdiction de forage dans la zone touchée par les tremblements de terre (4.000 kilomètres carrés) a été étendue à toute cette région du nord-est de l'Italie. «Toute nouvelle exploitation sera prohibée dans la région jusqu'à ce que de nouvelles données soient recueillies», a souligné Paola Gazzolo, responsable régionale en charge des questions territoriales. Bologne n’indique pas, en revanche, si cette interdiction s’applique aussi aux centrales à géothermie profonde.

Un rapport international

Le rapport avait été requis par les autorités locales face à la colère des résidents des zones de Modène et Mantoue, où aucun séisme n'avait été recensé pendant des centaines d'années et qui avaient émis l'hypothèse de liens avec un gisement pétrolier situé à proximité, un réservoir où était entreposé du gaz naturel et une centrale géothermique.

Selon le rapport, l'exploitation des champs pétroliers de Mirandola, l'un des épicentres des séismes des 20 et 29 mai, «pourrait avoir contribué à déclencher l'activité sismique en Emilie» il y a deux ans, sans en être la cause première.

Le rapport a mis en évidence que le premier et le deuxième tremblements de terre «étaient statistiquement reliés à une augmentation des activités d'injection [de gaz, ndlr] et d'extraction» pétrolière dans l'un des gisements.

Ces opérations «peuvent avoir contribué, en ajoutant une toute petite charge supplémentaire, à l'activation d'un système de failles déjà stressées et déjà proches des conditions préalables à un séisme de taille importante», indique le rapport.

Le rapport a été rédigé par un comité international de scientifiques piloté par Peter Styles, professeur de géophysique appliquée à l'université de Keele en Grande-Bretagne.

Poursuivre les recherches

Il préconise que d'autres études soient menées, ainsi qu'un système d'évaluation de l'impact de toute nouvelle activité dans le domaine des hydrocarbures ou de la géothermie, et davantage de contrôles pour les sites existants.

Il recommande aussi la mise en place d'un «système de feux rouges opérationnels» à mettre en place sur chaque zone de forage pour arrêter l'exploitation en cas d'accroissement du niveau d’activité des failles.

De petits séismes en Grande-Bretagne, au Canada et aux Etats-Unis ont été considérés comme liés à l'utilisation de la technique de fracturation hydraulique dans l'extraction de gaz de schiste.



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