L’Italie sommée d’arrêter la pollution de l’aciérie d’Ilva

Le 25 janvier 2019 par Stéphanie Senet
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
En Italie du sud, le site d'Ilva représente le plus grand complexe sidérurgique d'Europe
En Italie du sud, le site d'Ilva représente le plus grand complexe sidérurgique d'Europe

Dans un arrêt du 24 janvier, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a demandé à l’Italie de protéger des émissions toxiques, dans les plus brefs délais, les riverains de l’aciérie Ilva de Tarente (Pouilles).

 

L’affaire avait été portée devant la Cour par 180 personnes, dénonçant les effets des émissions nocives de l’usine Ilva, la plus grande aciérie d’Europe, sur leur santé et l’environnement. La Cour leur donne raison[1], estimant que le gouvernement italien a omis de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la protection effective des intéressés, en violation du droit au respect de leur vie privée (art 8 de la convention européenne des droits de l’homme). Rome a aussi violé l’article 13 garantissant le droit à un recours effectif, ces citoyens n’ayant pu porter leur requête devant les autorités nationales pour demander une dépollution des zones concernées.

 

Report à 2023

Les impacts des émissions de l’usine, qui s’étend sur sur 1.500 hectares ont fait l’objet de plusieurs rapports scientifiques alarmants concluant à une forte pollution de l’air, des sols et des eaux de surface et souterraines sur le site et dans les environs. Si le gouvernement italien a identifié, dès le 30 novembre 1990, les 5 communes «à haut risque environnemental», il a tardé à agir sur ce territoire. L’application du plan mis au point fin 2012 a en effet été reportée, en septembre 2017, à août 2023.

 

Enième condamnation

Plusieurs procédures pénales ont déjà abouti à des condamnations des dirigeants de l’usine en 2002, 2005 et 2007. Par ailleurs, la Commission européenne avait aussi envoyé un avis motivé à l’Italie, en octobre 2014, pour qu’elle remédie aux graves problèmes de pollution rencontrés. Autant de décisions restées sans suite. 



[1] hormis 19 requérants, qui n’habitent pas dans les 5 villes classées à haut risque environnemental



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus