L’Italie poursuit sa décarbonation

Le 26 octobre 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le gazomètre de Venise ne sera bientôt plus qu'un lointain souvenir.
Le gazomètre de Venise ne sera bientôt plus qu'un lointain souvenir.
VLDT

Rarement mise en avant dans les palmarès climatiques, l’Italie est pourtant l’un des bons élèves européens. Et elle entend bien le rester, grâce à sa nouvelle stratégie énergétique, présentée mardi 24 octobre.

Fruit de sa politique de soutien aux économies d’énergie (notamment dans le secteur industriel) et d’abandon progressif des énergies fossiles dans la production d’électricité, l’Italie a réduit de près de 20% ses émissions de gaz à effet de serre (GES) entre 1990 et 2014. Elle devrait donc surpasser l’objectif fixé par le paquet Energie Climat 2020: -18% entre 1990 et 2020.

13 milliards d’économie par an

Ces dernières années, c’est le secteur électrique qui a fait les plus gros efforts. Hier largement dominant, le fioul, l’orimulsion[1] et le charbon ont laissé la place aux énergie peu ou pas carbonées. En 2015, les centrales au charbon ne produisaient plus que 16% du courant transalpin, loin derrière le gaz (38%) et les énergies renouvelables (40,1%). En prévoyant de réduire d’un quart la consommation d’électricité entre 1990 et 2020, Rome veut alléger de 13 milliards par an le montant de la facture énergétique du pays, notamment en réduisant les importations (15% de la consommation).

Réduire la demande de 9 Mtep/an

Présenté le 24 octobre par le ministre du développement économique, le projet de nouvelle stratégie énergétique est encore plus ambitieux. Il vise à aligner les prix de l’électricité consommée dans la Botte avec la moyenne européenne[2]. Le programme prévoit de doubler l’efficacité des programmes d’efficacité énergétique. Objectif: diminuer la demande d’énergie de 9 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep) par an entre 2021 et 2030.

Programme de pompage-turbinage

Le développement des énergies renouvelables, électriques et thermiques, devrait être accéléré. Eolien, solaires (photovoltaïque et thermodynamique) et géothermie devraient produire la moitié des électrons italiens, le tiers des thermies pour la climatisation et le chauffage et près de 20% de l’énergie consommée par les transports. A noter aussi un important programme de construction de stations de pompage-turbinage (5 gigawatts -GW) pour réduire les risques liés à l’intermittence des productions solaires et éoliennes.

20 milliards pour les réseaux électriques

En complément, le gouvernement propose trois scénarios de sortie du charbon: inertiel, partiel ou total. Tous prévoient des fermetures des centrales au charbon: 2 GW en 10 ans pour le premier, 5 GW pour le second et les 8 GW en service pour le dernier. En contrepartie, il faudra lourdement investir (une vingtaine de milliards) dans les réseaux de transport et les interconnexions avec l’étranger, souligne le gouvernement Italien.

Exit le charbon

Pour réduire les consommations, des plans de rénovation des logements et des immeubles tertiaires sont prévus, avec des obligations de travaux dans certains cas. Pour accélérer la transition énergétique de l’industrie, Rome entend introduire, sous une forme non arrêtée, un prix du carbone. Les centrales électriques dont le facteur carbone excède 550 grammes CO2 au kilowattheure (kWh) ne pourront plus participer au mécanisme de capacité. Une façon de torpiller le modèle économique des centrales au charbon.

Toujours au nom du principe communautaire de ‘neutralité technologique’, la patrie de Fangio n’entend pas, contrairement à la France, favoriser une énergie de substitution au pétrole pour les transports routiers. Le GNV (déjà bien présent), les agrocarburants de seconde génération seront soutenus. De même que la production locale de biogaz par méthanisation. La possibilité d’une interdiction, à terme, de la commercialisation de véhicules à moteur à combustion interne n’est d’ailleurs pas exclue.

C’est à ce prix que l’Italie pourra réduire d’un tiers ses émissions carbonées entre 1990 et 2030. Se mettant ainsi sur la route du Facteur 4 pour 2050.

 



[1] Solution de bitume et d’eau.

[2] En moyenne, l’électricité payée par les industriels italiens est 50% plus chère qu’en France. Les particuliers paient la leur 40% plus chère qu’en France.

 



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