L'Isère soulève le problème de l'étalement urbain

Le 06 juillet 2005 par Claire Avignon
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Le 20 juin a été signé à la sous-préfecture de La Tour-du-Pin (Isère) un guide foncier qui doit permettre de mieux gérer l'étalement urbain dont souffrent les agriculteurs de l'Isère.

Avec l'installation d'industries et une augmentation de la population (1,1 million d'habitant) de 1% par an qui entraîne un étalement urbain parfois anarchique, le département de l'Isère doit faire face à un pression foncière de plus en plus importante. Les premiers à en pâtir sont les agriculteurs. «La consommation annuelle de terrains agricoles par l'urbanisation atteint 1.000 à 1.500 hectares sur un total de 250.000 ha, et ce, dans les plaines et vallées, c'est-à-dire au détriment des meilleures terres agricoles», décrit Gérard Seigle-Vatte, président de la Chambre d'agriculture de l'Isère. En outre, la consommation se fait de manière très dispersée, ce qui fait que 65% des espaces agricoles se trouvent sous influence urbaine.

Prenant conscience de ce problème, la préfecture de l'Isère, le conseil régional, le conseil général, l'association des maires et la chambre d'agriculture de l'Isère ont organisé le 4 février dernier un séminaire sur le sujet à Moirans. La chambre d'agriculture et la Direction départementale de l'agriculture et de la forêt (Ddaf) ont alors été chargées d'élaborer un guide. Trois mois plus tard, «Agir ensemble pour le foncier» a été signé entre les différents acteurs de l'aménagement du territoire. Le guide, principalement dédié aux syndicats mixtes des schémas de cohérence territoriale (Scot) et des schémas directeurs de l'Isère, devrait connaître une large diffusion dès l'automne.

Le document d'une trentaine de pages met en avant des actions concrètes pour optimiser la consommation de l'espace agricole. «Il s'agit de propositions pour aller au-delà des constats, des clés pour les aménageurs», explique Gérard Seigle-Vatte. Partant du constat que la connaissance de l'espace agricole reste fragmentaire, le guide propose de réaliser une analyse spatiale des potentialités agricoles, qui sera utilisée comme document de référence pour définir des «espaces agricoles stratégiques» sur lesquels l'étalement urbain ne pourrait pas avoir lieu. Pour cela, les agriculteurs doivent définir «la valeur intrinsèque des terres (valeur agronomique, exposition, pente, humidité, etc.), la nature des cultures pratiquées (intensification) et leur classement (AOC), les investissements réalisés (irrigation, drainage etc.), et la localisation géographique des terrains, notamment en zone périurbaine où le moindre changement d'affectation peut remettre en question l'équilibre de tout un secteur.» A partir de toutes les données recueillies, le guide propose de «mettre en place les outils appropriés» pour la protection des espaces agricoles stratégiques et de structurer les territoires non encore organisés.

Autres mesures proposées par le guide: évaluer tout projet d'aménagement à une échelle intercommunale, utiliser les outils d'intervention (Safer (1), établissement public foncier local etc.) pour constituer des réserves foncières agricoles, mais aussi sensibiliser les différents acteurs sur l'intérêt de mettre en place une telle politique.



(1) Société d'aménagement foncier et d'établissement rural




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