L’IRSN et le CEA font le point sur les accidents graves

Le 10 janvier 2007 par Enerpresse
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Les accidents graves (au cours desquels fondent tout ou partie des assemblages combustibles) «n'ont pas été considérés lors de la conception initiale des centrales nucléaires françaises actuellement en fonctionnement.»

Tel est le propos initial, peu rassurant, d'un passionnant rapport que l'IRSN et le CEA viennent de publier. Uniquement consacré à la R&D relative aux accidents graves dans les réacteurs à eau sous pression, ce document de près de 230 pages apporte tout de même de quoi nous rassurer sur l'essentiel. Certes, avant Three Mile Island ou Tchernobyl, les concepteurs de réacteur n'imaginaient pas qu'un réacteur commercial puisse entrer en fusion. Ils ont déchanté depuis. Et aussi lancé beaucoup de programmes de recherche, nationaux ou en coopération avec les chercheurs d'autres pays, qui permettent de réduire peu à peu le risque.

Globalement, les scientifiques français se sont intéressés à plusieurs aspects de la catastrophe: ce qui se passe dans la cuve, les phénomènes pouvant fragiliser l'enceinte, le comportement du corium, le relâchement des produits de fission. Sans oublier l'élaboration de nouveaux codes de calcul. Si la science a beaucoup progressé (l'EPR en bénéficiera d'ailleurs), de «nombreuses incertitudes demeurent», reconnaît le document. Les phénomènes intervenant tardivement dans la dégradation des combustibles et sur le comportement du corium en fond de cuve restent encore mal connus.

Aucun modèle ne permet encore de déterminer la localisation et la taille finale d'une brèche dans la cuve accidentée. Les systèmes actuels de modélisation peinent aussi à représenter les phénomènes de stratification des gaz «ainsi que la dépression dans l'enceinte liée à la mise en oeuvre de l'aspersion.» Ces progiciels simulent avec peu de précision les explosions de vapeur. De même, les scientifiques conservent des doutes quant à l'efficacité du refroidissement du coeur fondu par son «renoyage» en cuve. La chimie des produits de fission devra désormais tenir compte de nouveaux paramètres.

Pour toutes ces raisons, les blouses blanches de l'IRSN et du CEA appellent à poursuivre l'effort de recherche. Fort heureusement, les expériences menées dans le cadre de l'International source term program (ISTP) devraient apporter des réponses aux questions restant en suspens. Mais pas avant 2010!










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