L’Ircantec engage son désinvestissement

Le 09 mars 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Centrale d'Halzelwood. L'Ircantec fustige la stratégie climatique d'Engie.
Centrale d'Halzelwood. L'Ircantec fustige la stratégie climatique d'Engie.
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Le petit fonds de pension français suit les traces anti-carbone du fonds pétrolier norvégien.

Petit fonds de pension, l’Ircantec fait figure de poisson-pilote du désinvestissement dans le secteur financier tricolore. Avec ses trois millions de cotisants, la caisse de retraite complémentaire des agents contractuels de droit public gère 10 milliards d’euros de réserves. C’est beaucoup d’argent. Mais très peu au regard des 851 Md€ d’actifs du fonds pétrolier norvégien.

Alléger le portefeuille

Suivant le modèle de ce puissant cousin, l’Ircantec a entrepris d’alléger l’empreinte carbone de son portefeuille. Trois cabinets conseil ont réalisé, l’an passé, une première évaluation. «Nos émissions indirectes sont ainsi évaluées entre 125 et 182 kilogrammes de CO2 par millier d’euros investis. L’empreinte de notre portefeuille est inférieure de 20% à celle de notre indice de référence», indique Caroline Le Meaux, responsable de la gestion déléguée à la Caisse des dépôts (CDC), en charge de la gestion des actifs de l’Ircantec.

Scénario 2°C

Deuxième étape: se fixer une feuille de route. «Notre politique d’investissement doit être compatible avec la stabilisation du réchauffement à 2°C», souligne Jean-Pierre Costes, président de l’Ircantec. Reste à définir un mode d’action. Avec un principe force: réduire le risque, mais optimiser le rendement. Raison pour laquelle l’Ircantec n’entend pas exclusivement investir dans les entreprises ‘bas carbone’.

Accompagner les entreprises

«Nous sommes là pour accompagner les entreprises qui engagent leur transition énergétique», confirme Caroline Le Meaux. Avec un impératif toutefois: qu’elles allègent leur bilan carbone. Exit donc les vilains producteurs de charbon Glencore ou Anglo-American, mais welcome à l’Enel, électricien italien très carbonique, dont la stratégie climatique «est très agressive», résume-t-elle.

Exit les charbonniers

En intégrant des critères de sélection proches de ceux édicté par le fonds souverain norvégien, l’Ircantec a commencé à faire le ménage carbonique dans ses actions, obligations et autres investissements. Dans les dernières semaines de 2016, la caisse de retraite a vendu, pour 46 M€, les actions de 18 entreprises devenues trop charbonnières à son goût.

Gestionnaires pas militants

Exigeants sans être militants, les gestionnaires de l’Ircantec essaient aussi de faire évoluer la stratégie des entreprises où ils ont placé des billes. A plusieurs reprises, ils ont voté contre des résolutions mises au vote par les directions de grands groupes. «Daimler continuait d’équiper ses voitures de fluides frigorigènes à fort pouvoir de réchauffement climatique et les stratégies climatiques d’Engie et de Heineken étaient très insuffisantes au regard de celles de leurs concurrents», justifie Caroline Le Meaux.

L’activisme de l’Ircantec contamine-t-elle la politique d’investissement de la CDC? «La Caisse communique plus facilement sur ses méthodes que sur ses résultats», laisse-t-on entendre dans les couloirs de la vieille dame de la rue de Lille.

 



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