L'intérêt des modes de transport alternatifs

Le 27 octobre 2004 par Claire Avignon
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Une nouvelle analyse socio-économique du Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie, mesure l’intérêt des modes de transport alternatifs à la route pour les marchandises. Aujourd’hui, la route est responsable de plus de 90% des émissions de gaz à effet de serre.

Le ministère de l'Economie, des Finances et de l'Industrie (Minefi) revient dans sa revue Analyses économiques du mois d'octobre sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les émissions des transports en France, en 2010, ne devront pas dépasser 44 millions de tonnes de carbone, alors que le pays atteignait déjà 40,1 millions de tonnes en 2001.Le transfert de la route vers d'autres modes de transport est une des rares solutions qui permettrait d'éviter de dépasser l'objectif de réduction dévolu à ce secteur.

Il s'avère, selon l'étude, que «le transfert de la route vers le rail est l'action de report modal de marchandises la plus prometteuse en terme de réduction d'émissions de dioxyde de carbone (CO2).» Le transport combiné (route-rail), calcule le Minefi, devient rentable à partir d'une distance moyenne de 500 kilomètres. Cela représente en France 75 millards de tonnes-kilomètres (t-km) sur un total de 230 milliards t-km pour le transport routier de marchandises. Un report total de ces grandes distances conduirait à un réduction des émissions de gaz carbonique d'environ 800.000 tonnes par an. Aujourd'hui, rappellent les auteurs du rapport, Jean-Jacques Becker et Cédric Audenis, le transport combiné représente environ 4% du trafic de marchandises. Le peu de succès de ce mode de transport relativement compétitif s'explique par une mauvaise qualité de service et un manque de rapidité : «Agir sur ces paramètres favoriseraient le rail.»

Le cabotage maritime pourrait permettre également de diminuer les embouteillages des axes routiers et ferroviaires vers l'Italie et l'Espagne. Les spécialistes du Minefi proposent l'établissement d' «autoroutes de la mer fournissant un service régulier entre des ports bien connectés aux réseaux de transport terrestre.» Avec 8 millions de tonnes de marchandises qui transitent chaque année entre l'Espagne et la France, et 4 millions entre l'Italie et la France, «un marché potentiel» existe.

Enfin le rapport revient sur le transport fluvial. Le projet du canal Seine-Nord qui relierait le bassin parisien à l'Europe du nord, ferait passer le tonnage maximum des péniches de 350 tonnes à 4.400 tonnes. Le potentiel de report de transport de la route vers la voie d'eau est estimé à 6 à 7 millions de tonnes de marchandises, soit 20.000 tonnes de carbone épargnées. Toutefois, pour que le projet soit intéressant économiquement, il faudrait valoriser la tonne de CO2 à 2.000 euros. D'une manière générale, l'évaluation, dans le rapport "Transport: choix des investissements et coût des nuisances", de la tonne de carbone à 100 euros semble trop faible. Et le prix de 8 à 9 euros la tonne pratiqué sur le marché des quotas d'émissions rend impossible la rentabilisation du projet du point de vue du tonnage de CO2 évité.


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