L’interdiction de la pêche profonde bloquée à Bruxelles

Le 13 juillet 2012 par Stéphanie Senet
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L'un des 17 bateaux de la Scapêche
L'un des 17 bateaux de la Scapêche

Alors qu’elle devait être officiellement présentée aujourd’hui à Bruxelles, la proposition de règlement visant à limiter le chalutage profond a fait les frais d’un conflit interne au sein de la Commission européenne, indique l’AFP.

A la dernière minute, le commissaire français en charge du marché intérieur et des services, Michel Barnier, a bloqué le texte, en demandant un délai supplémentaire pour son examen.

La proposition de règlement, orchestrée par la commissaire européenne en charge des affaires maritimes et de la pêche, Maria Damanaki, a pour but d’interdire, d’ici deux ans, le chalutage profond dans la zone Atlantique Nord-est. Elle doit exclure les équipements peu sélectifs, comme les chaluts et les filets maillants de fond, qui engendrent de nombreuses prises accessoires, allant de 20 à 40% du poids total de la pêche.

Elle est réclamée par les scientifiques et les défenseurs de l’environnement qui rappellent que les eaux profondes représentent l’une des zones les plus riches de la planète en biodiversité, et que plusieurs espèces sont menacées d’extinction.

En France, une dizaine de bateaux seraient concernés par cette interdiction, représentant 500 emplois à Lorient (Morbihan), Concarneau et Le Guilvinec (Finistère), et Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais).

Pour l’association Bloom, qui lutte contre la pêche profonde, le commissaire français défend donc de faibles intérêts économiques au mépris des biens communs. «Michel Barnier protège une dizaine de navires industriels contre l’intérêt général», affirme Claire Nouvian, sa fondatrice.

Elle vise principalement le groupe Intermarché, la Scapêche, qui réalise avec ses 17 bateaux la majorité des captures profondes en France, ainsi que les sociétés de pêche Euronor (Le comptoir des pêches d’Europe du Nord) et Dhellemmes.

Selon Bloom, la Scapêche a de surcroît bénéficié de 10 millions d’euros de subventions de la part de la France et de l’Union européenne entre 1996 et 2008.

Enfin, le groupe Intermarché s’est récemment vu interdire sa publicité en faveur de la pêche durable par l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP) (voir JDLE). Saisie par l’association Bloom, l’ARPP a jugé que la publicité était contraire à ses recommandations, dans la mesure où elle peut amener à penser que le groupe joue un rôle déterminant dans le maintien durable de la pêche en France et parce que l’auto-label des Mousquetaires ressemble à s’y méprendre à celui du Marine Stewardship Council, l’organisme international de certification des pêches durables.

 



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