L’insécurité alimentaire, facteur d’hyperactivité chez l’enfant

Le 23 janvier 2013 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
L'hyperactivité: une nouvelle conséquence de l'insécurité alimentaire.
L'hyperactivité: une nouvelle conséquence de l'insécurité alimentaire.

Les enfants vivant dans la précarité alimentaire ont plus de risques de développer un trouble de déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH), phénomène qui pourrait avoir des causes nutritionnelles, selon une étude française publiée dans la revue PLoS ONE.

Plusieurs travaux l’ont montré: les enfants de familles défavorisées sont plus souvent atteints de troubles psychologiques, tels qu’anxiété ou dépression, comportements agressifs ou troubles de l’attention. Conséquence directe de difficultés familiales et sociales, mais pas seulement, suggère l’étude menée par une équipe du Centre de recherche en épidémiologie et santé des populations (unité Inserm 1018, hôpital Paul-Brousse, Villejuif).

Conduits sur 2.120 enfants québécois, ces travaux montrent aussi le rôle de la précarité alimentaire, lorsqu’elle frappe dès le plus jeune âge. Parmi les enfants qui la subissaient, le risque de TDAH était multiplié par 2,65, et ce après élimination de nombreux facteurs sociaux: possible origine migrante, revenus familiaux, niveau d’études des parents, présence chez eux d’une éventuelle dépression…

Parmi les diverses hypothèses évoquées par les chercheurs, celle selon laquelle cette précarité «entraîne[rait] des modifications du régime alimentaire dans les familles et pousse[rait] en général à consommer moins d’aliments frais et plus d’aliments riches en graisses et en sucres», indique l’Inserm dans un communiqué.

Ce lien direct entre équilibre nutritionnel et bien-être psychologique de l’enfant, quelques études l’ont déjà suggéré, rappelle Maria Melchior, co-auteure de l’étude, contactée par le JDSA. Publiée en 2011, une étude néerlandaise a ainsi suggéré les bénéfices d’une réduction de l’apport en sucres chez des enfants atteints de TDAH. Autre piste, «il est connu que les enfants anémiés [en fer] ont des problèmes de concentration, qui peuvent évoquer certains signes du TDAH», ajoute la chercheure.

Egalement évoquée par les chercheurs, une étude américaine de 2007, qui a conforté l’hypothèse du rôle de certains colorants artificiels dans le TDAH. Des travaux qui ont amené la Food and Drug Administration (FDA) à se pencher sur ces produits chimiques (voir le JDLE).

De manière plus indirecte, d’autres processus pourraient aussi expliquer ce phénomène, avancent les chercheurs: «L’incapacité des parents à s’occuper de façon régulière et satisfaisante de l’alimentation de la famille pourrait fragiliser le lien parents-enfant dans la petite enfance, avec des effets sur le développement à long terme».



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus