L’infertilité masculine serait due en partie aux PCB

Le 05 mars 2012 par Geneviève De Lacour
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Il existe plus de 200 isomères du PCB
Il existe plus de 200 isomères du PCB

Des polluants persistants et interdits depuis longtemps comme les PCB ou un sous-produit du DDT, le dichloro bis(4-chlorophenyl) éthane (DDE) seraient à l’origine d’anomalies du nombre de chromosomes sexuels du sperme masculin.

Selon une étude, publiée le 28 février dernier dans la revue Environmental Health Perspectives, les hommes dont la concentration dans le sang en PCB, ou en sous-produit du DDT, est élevée, ont un risque plus élevé (60% de plus) de présenter des anomalies du nombre de chromosomes sexuels, que ceux pour qui la prise de sang est normale.

Une anomalie du nombre de chromosomes sexuels du fœtus est une des causes connues des problèmes d’infertilité chez l’adulte.

Pour ces problèmes d’anomalies chromosomiques numériques, qui ne surviennent que dans 5% des naissances, plusieurs facteurs sont suspectés dont la pollution environnementale.

De précédentes études ont mis en cause une exposition au benzène ou à des pesticides. D’autres font le lien avec l’exposition à des polluants organochlorés de type PCB ou DDT.

En fait, il existe plus de 200 isomères du PCB et certains ressemblent étrangement à la molécule de DDT, ce puissant insecticide, interdit aux Etats-Unis depuis les années 1970 mais toujours utilisé en Afrique pour combattre les moustiques à l’origine de la malaria. La molécule est accusée d’être un perturbateur endocrinien et d’être toxique pour le système nerveux central. Les PCB et le DDE sont des molécules très stables et persistantes dans l’environnement. Malgré leur interdiction, on les retrouve presque systématiquement lors des prises de sang des Américains.

Dans cette étude américaine, les auteurs ont détecté dans le sang de 341 hommes, vivant en couple et consultant pour des problèmes d’infertilité, la présence de 57 isomères différents du PCB mais aussi celle du DDE. Les scientifiques ont recherché dans le sperme des phénomènes de disomie (le sperme possède alors deux chromosomes sexuels -XX, XY ou YY- au lieu d’un seul).

Ils ont ensuite constitué 4 groupes de taille égale, le premier formé d’hommes recrutés spécialement pour l’expérience et faiblement contaminés par ces deux polluants et le groupe 4 présentant les concentrations les plus élevées.

Résultat: pour les hommes du groupe 4, le taux d’anomalie du nombre de chromosomes sexuels, portant donc deux chromosomes X, est 60% plus élevé.

Autre expérience, les chercheurs ont étudié le lien entre les anomalies de chromosomes sexuels et les concentrations des 4 PCB les plus communs. Pour les hommes les moins contaminés (groupe 1), l’exposition aux PCB a entrainé un excès de disomie de type XY ou YY et une diminution du taux de disomie de type XX.

Ils ont distingué ensuite les PCB agissant comme des dioxines et ceux mimant les œstrogènes. Résultat: les groupes 2, 3, 4 , c’est-à-dire les plus contaminés, ont présenté un taux plus élevé d’anomalies de type XY alors que pour les expositions aux PCB de type «estrogène», les anomalies chromosomiques étaient de type XY et YY.

 

 



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