L’Ineris présente une nouvelle cartographie des points noirs environnementaux

Le 22 novembre 2011 par Geneviève De Lacour
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PLAINE, nouvel outil de cartographie des points noirs environnementaux vient d'être testé
PLAINE, nouvel outil de cartographie des points noirs environnementaux vient d'être testé

Comment identifier et gérer les zones géographiques françaises surexposées à des substances toxiques? L’Ineris travaille sur un outil d’évaluation qui représente graphiquement l’exposition des populations à un environnement dégradé. L’outil, totalement novateur, présenté ce matin 22 novembre, a été testé en Picardie et pour la région Nord-Pas-de-Calais, mais ne devrait être fonctionnel sur tout le territoire qu’en 2013.

Son nom de code est Plaine, pour Plate-forme intégrée pour l’analyse des inégalités d’exposition environnementale. Mais derrière cet acronyme se cache une base de données qui devrait compiler une multitude d’informations sur l’état des sols, leurs niveaux de pollution, mais aussi celui de l’air, de l’eau.

Des données qui proviennent des recensements des sols pollués (Basias et Basol), de l’inventaire national spatialisé des émissions dans l’air, du réseau de mesure de la qualité des sols (RMQS) compilée par l’Institut de recherche agronomique (Inra), les mesures des agences de l’eau sur les rivières et les nappes phréatiques, l’occupation des sols selon les services statistiques du ministère de l’écologie, la densité et la structure des populations, ainsi que les habitudes alimentaires étudiées par l’Insee.

Au final, sur une même carte apparaissent les situations d’inégalités environnementales, ces territoires où les populations sont exposées à de multiples polluants provenant de l’industrie, de l’agriculture ou du trafic automobile.

«Le but est de faire évoluer les études de risques sanitaires (ERS)», explique Céline Boudet, responsable de l’unité Impact sanitaire et expositions à la direction des risques chroniques de l’Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris). Pour l’Institut, «l’ERS ne peut pas aujourd’hui constituer le seul outil pour l’évaluation de l’impact sanitaire de la pollution de l’environnement sur une population». La prévention des impacts dans des zones de surexposition potentielle ne se limite pas aux activités industrielles futures. Elle traite aussi des activités passées ou en cours. «Il s’agit donc de mettre en place une étude sanitaire de zone» qui cumule à la fois les expositions sur un même territoire à des sources différentes mais aussi qui permet d’intégrer les différents modes de vie des populations –certaines étant amenées à consommer plus de fruits et de légumes de leur jardin-, et de coupler des données de type socio-économiques avec des données sanitaires ou environnementales.

Au cœur de la plate-forme, le logiciel Omer, pour Outil modulatoire d’estimation des risques, est un modèle numérique d’exposition multi-milieux développé par l'ancien Cerchar. En d’autres termes, il contient un jeu d’équations permettant de calculer les doses d’exposition des populations et donc le risque. Cette cartographie des indicateurs spatialisés d’exposition (ISE) est obtenue en combinant les voies d’exposition par inhalation avec celles par ingestion. Un modèle qui sera prochainement testé au sein d’un groupe d’experts pour une diffusion restreinte prévue en 2012 avant d’être mis à disposition des bureaux d’étude au plus tard en 2013.

«Avec cette analyse spatiale des données, il s’agit d’obtenir une vision plus intégrée dans le territoire de ces points noirs En accord avec les actions du deuxième Plan national de santé environnemental (PNSE2), l’Ineris sera amené, d’ici 2013, à identifier toutes les zones à risques pour les populations afin de réduire les niveaux de contamination et assurer leur surveillance environnementale. «Nous venons de démontrer la faisabilité d’une identification rapide de ces zones au niveau national, régional et local», précise Céline Boudet. Ce test de faisabilité a été réalisé dans les régions Nord-Pas-de-Calais et Picardie pour 4 éléments métalliques présents à l'état de traces: le chrome, le cadmium, le nickel et le plomb. «Nous connaissons désormais la population totale exposée à ces 4 polluants, le nombre de personnes vulnérables concernées et le mode de contamination», poursuit la responsable de la mise en place de la plate-forme. Ainsi, dans ces deux régions au lourd passé industriel, les voies d’exposition prépondérantes correspondent pour le plomb à l’ingestion d’eau potable et de sol, pour le cadmium à l’ingestion de légumes, et à l’inhalation pour le nickel.

Plaine vient d’être testée, mais la plate-forme reste à déployer sur un territoire français qui demeure hétérogène. «La grande difficulté réside dans la collecte des données. Pour chaque région, ces données de base sont différentes», affirme Céline Boudet. L’Ineris souhaite également élargir son évaluation à des substances chimiques complémentaires. Le centre de recherche prévoit enfin d’approfondir le travail sur les deux régions-tests et «les travaux sont bien avancés pour les régions Bretagne, Ile-de-France et Rhône-Alpes», complète Céline Boudet.

D’ici 2013, l’ensemble de la métropole devrait donc être couvert par ce système d’information géographique, ce qui permettra aux pouvoirs publics, mais surtout aux élus locaux, de mieux cibler leurs actions d’atténuation de l’exposition des populations aux polluants. Dans un deuxième temps, Plaine pourra être croisée avec les études épidémiologiques menées par les observatoires régionaux de la santé (ORS). «On aura ainsi une vision exhaustive des effets des pollutions sur la santé de la population française.»

Mais en matière de diffusion des données au public, l’Ineris s’interroge. L’accès devrait être fonction de la nature des données collectées. Lorsqu’elles correspondent à des informations médicales et qu’elles ont nécessité des méthodes d’investigation invasives comme la collecte de tissus humains par exemple, «il ne semble pas souhaitable de diffuser les données de manière individuelle», conclut Céline Boudet.

 
 


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