L’industrie pétrolière alourdit son bilan carbone

Le 25 octobre 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Les torchères émettent autant de CO2 que la France.
Les torchères émettent autant de CO2 que la France.

Voilà 10 ans qu’une vingtaine de pays (dont la France), la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) et 20 compagnies pétrolières (dont Total) travaillent à une œuvre environnementale majeure.

Sous l’égide de la Banque mondiale (et de son programme GGFR), ce beau monde tente de réduire le torchage des gaz associés à la production de pétrole. Le flaring, comme on appelle cette pratique dans le monde pétrolier, consiste à brûler les gaz qui sont extraits du gisement en même temps que l’huile.

Majoritairement composés de gaz naturel (méthane), ces gaz pourraient être valorisés. Hélas, les installations où se pratiquent le torchage sont souvent éloignées de toute infrastructure (terminal méthanier ou gazoduc). Pour des raisons de sécurité, l’exploitant des puits de pétrole ou des plates-formes brûle les gaz dans une torchère, semblable à celle des raffineries.

Or des solutions alternatives existent, telle la réinjection du gaz dans le puits. Ce qui permet aussi d’en accroître le rendement. Ces dernières années, ont souligné des experts réunis ces deux derniers jours à Londres par le GGFR, la pratique a diminué.

Relevant l’effort réalisé par les pétrogaziers, la Banque mondiale estime que le volume de gaz torchés est passé de 172 milliards de mètres cubes par an en 2005, à 140 Mdm3 en 2011: une baisse de 18% en 6 ans. Cela étant, le bilan climatique reste lourd: 370 millions de tonnes de CO2 par an, l’équivalent des émissions annuelles françaises. D’autant que les émissions semblent reparties à la hausse. En se basant sur des photos prises de nuit par des satellites, les experts du GGFR estiment que les pétrogaziers accroissent de nouveau leurs rejets carbonés.

En cause, la mise en exploitation de nouveaux gisements au large du Brésil, mais surtout le développement des gisements de pétrole de schiste au nord des Etats-Unis. La Russie reste néanmoins le plus gros «torcheur» de la planète: 37,4 Mdm3 en 2011, un chiffre en hausse de 5% en un an.

Pour inverser cette vapeur malsaine, les responsables du programme GGFR appellent l’industrie pétrolière à réduire d’un tiers le torchage des gaz associés d’ici 2017. «Un objectif réaliste», commente, sobrement, Rachel Kyle, la vice-présidente de la Banque mondiale, en charge du développement durable.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus