L’industrie pétrolière a fortement accru le risque sismique aux Etats-Unis

Le 29 mars 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
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En rouge, les régions où le fracking fait peser un risque de séisme.
En rouge, les régions où le fracking fait peser un risque de séisme.
USGS

L’USGS réévalue le risque sismique aux Etats-Unis.

Après l’avoir longtemps nié, les compagnies pétrolières et gazières doivent le reconnaître: la multiplication des forages, ces dernières années, a un prix sismique. Entre 1973 et 2008, les Etats-Unis subissaient en moyenne 24 séismes d’une magnitude supérieure à 3 sur l’échelle de Richter. En 2015, le sous-sol américain a tremblé 1.010 fois. Ce record pourrait prochainement être battu. Depuis le début de l’année, les sismographes ont déjà sonné l’alerte 226 fois dans les seuls Etats du centre du pays.

Fracking et stockage d’eau de process

L’industrie pétrogazière est la grande responsable de cette sismicité accrue. En 2000, rappelle une récente étude de l’agence de statistiques du département à l’énergie (EIA), 23.000 puits produisaient 102.000 barils[1] par jour, soit 2% de la production US. L’an passé, l’EIA a dénombré plus de 300.000 forages en activité, produisant quotidiennement plus de 4,3 millions de barils, soit plus de la moitié du brut national.

Nombre de ces forages utilisent la fracturation hydraulique (fracking), technique consistant à injecter à forte pression un cocktail d’eau et de produits chimiques pour fracturer la roche du sous-sol, libérant ainsi le gaz naturel ou le pétrole. Une fois en production, les puits sont aussi ‘stimulés’ par des injections d’eau sous pression. Chargée de polluants et de sels, cette eau de forage est ensuite réinjectée dans des couches géologiques profondes et étanches. Parce qu’ils déstabilisent la géologie locale, fracturation et stockage d’eau de process engendrent des séismes de plus ou moins grande magnitude.

Fort accroissement du risque

Le risque s’est tellement accru dans les régions pétrolières que l'institut américain de géophysique (USGS) l’intègre désormais dans son évaluation du risque sismique national. Pour la première fois, l’USGS a publié, lundi 28 mars, un jeu de cartes présentant non seulement les zones potentiellement menacées par des tremblements de terre (Californie, par exemple), mais aussi celles dont les soubassements tremblent à cause de l’exploitation pétrolière et gazière. Pour ces dernières, 7 millions de personnes sont actuellement concernées.

Sans surprise, les grandes régions pétrolières, comme l’Oklahoma, le Kansas, le Texas, le Colorado, le Nouveau-Mexique et l’Arkansas sont désormais classées à risque sismique par l’USGS. Une donnée nouvelle que les aménageurs, les urbanistes et les architectes devront prendre en compte. Ce qui n’est pas encore le cas.

Mais le risque sismique d’origine anthropique pourrait diminuer rapidement. A mesure que s’écroulent les prix mondiaux du pétrole, le nombre de forages diminue fortement. Jusqu’à la fin de 2014 et un prix du baril voisin des 100 dollars (89 €), un bon millier de nouveaux forages étaient réalisés chaque mois. Alors que le prix du baril flirte avec les 40 $ (35,7 €) , le nombre de puits entrant mensuellement en activité n’excède plus 400.

 



[1] 1 baril = 159 litres

 

 

 



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