L'industrie du papier lutte contre les odeurs

Le 09 février 2005 par Claire Avignon
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Mardi et mercredi 8 et 9 février se tient un colloque sur les pollutions olfactives dans les installations classées, organisé par l'Ademe et l'Association française des ingénieurs et techniciens de l'environnement (Afite). L'occasion pour le Centre technique du papier de partager son savoir-faire dans le domaine de 'élimination des odeurs que l'industrie du papier prend en compte depuis plus de 20 ans.

Les nuisances olfactives de l'industrie papetière ont d'abord été liées à l'introduction du procédé Kraft ou "pâte au sulfate" puis au traitement des effluents. Le procédé chimique Kraft qui permet d'extraire de la cellulose à partir de la cuisson de bois émet des composés soufrés réduits (TRS), tels que l'hydrogène sulfuré, le méthylmercaptan, le diméthylsulfure et le diméthyldisulfure. Six usines françaises sont concernées. Les concentrations des substances chimiques sont bien en dessous des valeurs moyennes d'exposition (VME) mais atteignent les seuils à partir desquels les molécules dégagent une odeur. Par exemple, l'hydrogène sulfuré a un seuil olfactif de 1 à 5 microgrammes par mètre cube (µg/m3) pour une VME de 14.000 µg/m3. «Nous devons prendre en compte cette pollution pour trois raisons, explique Eric Fourest, spécialiste du Centre technique du papier. D'abord, les nuisances olfactives gênent les opérateurs de l'usine. Ensuite, l'éventuel transfert des odeurs au produit peut entraîner des plaintes de la part des clients. Enfin et surtout, la dispersion des émissions des TRS génère une pollution pour les riverains de l'usine.»

Des stratégies de réduction ont été adoptées avec succès pour diminuer les émissions malodorantes dues au procédé Kraft. Cela passe pas une identification, une caractérisation et une hiérarchisation des odeurs. L'industrie a alors optimisé ses procédés comme l'incinération des rejets concentrés dans le four à chaux, et en a introduit de nouveaux comme l'utilisation d'évaporateurs à contact indirects. «Nous avons diminué de 90% les émissions de TRS en 20 ans», estime Eric Fourest.

Une autre source de pollution olfactive est toutefois apparue avec le recyclage de l'eau. «Aujourd'hui, les pressions environnementales font que de plus en plus d'usines de fabrication recyclent l'eau, continue Eric Fourest. Actuellement, cela doit représenter environ 30% des 100 usines françaises.» Elles doivent répondre à l'arrêté papetier de la directive IPPC (Prévention et réduction intégrées de la pollution) datant de 1996. Or, plus les eaux sont réutilisées, plus elles sont chargées en matière organique. Cela entraîne le développement d'une activité microbienne anaérobie, c'est-à-dire le développement de composés soufrés et d'acides organiques volatils. Le problème touche particulièrement la production de papier à base de fibres recyclées. «Autant les odeurs nauséabondes liées au procédé chimique Kraft sont "faciles" à traiter puisqu'elles sont canalisées, autant nous avons des difficultés à nous débarrasser des odeurs d'origine microbienne. En effet, les émissions sont diffuses, et l'utilisation de neutralisants reste encore peu concluant», conclut le spécialiste du Centre technique du papier.




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