L’industrie du bois se mobilise

Le 02 mars 2005 par Ludivine Hamy
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Le 15 février 2005 s’est tenu à Bruxelles le Forum des industries du bois. L’occasion de faire le point sur les objectifs et les enjeux d’une filière qui revendique un rôle central dans la lutte contre le réchauffement climatique et pour la préservation de la biodiversité.

Constituée de trois grands secteurs (travail du bois, meubles et papier carton), l'industrie du bois présente des caractéristiques très diversifiées. À l'exception de l'industrie papetière et de l'industrie des panneaux, très capitalistiques et mondialisées, les autres secteurs sont plutôt atomisés et présentent des performances contrastées (1). Malgré cette dispersion, la filière dispose à Bruxelles d'une représentation unifiée, qui gère en direct les dossiers sensibles. Son principal interlocuteur: l'unité «Industries du Bois» de la Direction générale Entreprises.

En mai 2004, la Confédération européenne des métiers du bois (CEI-Bois) a présenté à la Commission européenne un mémorandum identifiant les priorités du secteur afin de préserver sa compétitivité et son développement. En matière environnementale, l'industrie du bois demande aux autorités communautaires de considérer les produits issus du bois comme des «pièges à carbone», et, partant, de reconnaître la contribution du secteur à la lutte contre le réchauffement climatique dans le cadre du protocole de Kyoto. La biomasse étant une source d'énergie reconnue, la filière souhaite également qu'un effort particulier soit mené en matière de recherche et développement, et qu'un réseau pour échanger les meilleures pratiques soit mis en place. Dans cette perspective, le CEI invite la Commission à valoriser et à promouvoir l'utilisation du bois comme matériau de construction. Il demande à la Commission de pouvoir siéger au Comité de la construction qui intervient dans le cadre de la directive sur les produits de construction (2).

Directement concernée par la réglementation relative aux produits chimiques, la filière des métiers du bois dénonce la complexité du système Reach (Registration, evaluation, authorisation of chemicals), et propose d'adopter une approche fondée sur une analyse des risques et sur la définition de catégories d'exposition. On éviterait ainsi qu'un trop grand nombre de produits chimiques ne soit interdit sur le marché. De même, concernant la directive sur les produits biocides (3), le CEI demande qu'un contrôle accru soit exercé sur tous les produits en provenance de pays non européens, qui ne sont pas soumis aux mêmes exigences quant à la suppression des pesticides à usage non agricole.

En matière de santé et de sécurité des travailleurs, l'une des principales préoccupations du secteur est la poussière de bois. Le CEI demande à la Commission de ne pas adopter, tant que des recherches scientifiques ne démontreront pas l'existence d'un véritable risque, les recommandations du Comité scientifique sur les limites d'exposition au travail, visant à réduire les seuils d'exposition des travailleurs à la poussière de bois.

Enfin, dans sa feuille de route («roadmap»), publiée le 15 février et intitulée «Vision 2030 : pour une utilisation durable et innovante des ressources de la forêt», la filière du bois insiste sur son rôle déterminant pour la sauvegarde de la biodiversité. Les activités de boisement et de reboisement sont ainsi présentées comme une contribution essentielle au développement durable des territoires européens.

Si ces déclarations sont pour le moins louables, on regrettera toutefois que la filière ne se soit fixé aucun objectif quantitatif, ni sur la réduction de la production de CO2, ni sur le recyclage des déchets ou le développement des énergies vertes.

(1) En France, les industries du bois comptent 2.032 entreprises et emploient 196.680 salariés. Elles ont généré en 2002 un chiffre d'affaires de 12.667 euros. Au niveau européen, le chiffre d'affaires s'élève à 153 Md d'euros (soit 12 à 14% du PIB de l'Union), pour un effectif total de 2 millions de salariés, auxquels s'ajoutent les 680.000 salariés des nouveaux pays adhérents (source CEI-Bois et ministère chargé de l'industrie).

(2) La directive 89/106/CEE prévoit le marquage CE réglementaire des produits de construction visés pour leur mise sur le marché en France comme dans toute l'Union européenne.

(3) Directive 98/8/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 février 1998 concernant la mise sur le marché des produits biocides.





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