L’industrie des pesticides exhibe sa fibre «verte»

Le 25 juin 2007 par Agnès Ginestet
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Lors d’une conférence de presse organisée jeudi 21 juin pour présenter son bilan 2006, l’Union des industries de la protection des plantes (UIPP) fait part de ses préoccupations économiques. Elle s’inquiète du devenir de molécules chimiques dans les réglementations européennes qui se préparent.

Une production agricole mondiale en baisse et des contraintes réglementaires strictes en matière d'évaluation et d'utilisation des pesticides dans l'Union européenne: pour Denis Tardit, président de l'UIPP, «la France avait une autoroute devant elle et elle l'a prise à contresens». Les ventes de pesticides aux distributeurs ont diminué de 20% depuis 1999 et de 8% entre 2005 et 2006. «Le marché est de plus en plus volatil car le climat est défavorable à l'implantation des cultures et le parasitisme est faible. D'autre part, l'agriculture raisonnée est entrée dans les moeurs», a précisé Denis Tardit.

L'UIPP dénonce par ailleurs une distorsion de concurrence vis-à-vis des autres pays. «La France est le pays au monde où l'on met le plus de temps à obtenir des autorisations de mise sur le marché (AMM)», estime Denis Tardit, ajoutant qu'«il faudra 3 à 4 ans pour résorber le stock de dossiers d'AMM».

Au niveau européen, la directive concernant la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques (1) va notamment être modifiée pour devenir un règlement. «Cela nous semble positif: comme il n'y a pas de possibilité de transposition par les Etats-membres, ils seront donc tous au même niveau», a indiqué Jean-Charles Bocquet, directeur de l'UIPP. Mais l'une des mesures envisagées n'est pas du goût des industriels. L'augmentation de la durée de protection des données pourrait en effet être limitée à 10 ans, au lieu de 15 actuellement. «Les molécules dont le chiffre d'affaires était faible, souvent utilisées pour des petites surfaces comme dans le secteur des fruits et légumes, ne seront donc plus développées par les adhérents de l'UIPP», a précisé Jean-Charles Bocquet. Au final, l'UIPP estime qu'avec la révision de la directive, il restera 400 principes actifs sur le marché à la fin 2008, contre 10.000 actuellement. Et si le règlement est appliqué, il n'y en aurait plus que 200.

Le projet de directive sur l'utilisation durable des pesticides n'est pas non plus parfait aux yeux des industriels. «La possibilité de fixer des objectifs de diminution de l'utilisation des produits n'est pas une bonne solution», explique Jean-Charles Bocquet, qui conteste également une mesure du plan national de diminution des risques français, préconisé dans le projet de directive (2).

L'UIPP espère pouvoir participer aux groupes de travail du Grenelle de l'environnement, qui aura lieu cet automne. «L'UIPP peut être un acteur potentiel dans les thèmes énergie (avec le sujet des biocarburants), santé et environnement, biodiversité et ressources naturelles, agriculture et ruralité, expertise et outils économiques, ou encore innovation et formation», a tenu à souligner Jean-Charles Bocquet.



(1) Directive 91/414

(2) Voir l'article du JDLE: «Débat sur les pesticides: la réponse gouvernementale»




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