L'industrie chimique à la conquête d'une image

Le 10 décembre 2004 par BIP
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email

Face au poids de la réglementation, à la forte concurrence asiatique, à l’interpellation des médias et des ONG sur les produits chimiques et surtout à son déficit d’image auprès de la société civile et politique, la chimie a décidé de réagir. Un millier de personnes ont ainsi assisté lundi aux états généraux de la chimie, qui ont permis de donner la parole à tous: ONG, universitaires, organisations syndicales, industriels d’autres secteurs. Ceci pour évoquer les pistes d’action pour 2005 à la conquête de l’opinion. L’"appel du 6 décembre", comme l’a nommé Alain Devic, le président de l’Union des industries chimiques (UIC).

Une étude réalisée tous les deux ans par le Conseil européen de l'industrie chimique (Cefic) et présentée lundi par son directeur général, Alain Perroy, montre que l'image de la chimie en France «est plus déplorable que dans les autres pays», notamment qu'en Allemagne où on compte plus de 60% d'opinions positives pour ce secteur d'activité. Dans l'Hexagone, ce pourcentage n'est que de 31%, seule la Suède venant après. En France, note Alain Perroy, «non seulement l'industrie n'est pas aimée, mais les produits ne sont pas reconnus.» Qui plus est, si les Européens souhaitent à 81 % que cette industrie soit davantage réglementée, ce pourcentage monte à 88 % en France.

La chimie doit aujourd'hui faire face à une nouvelle situation, relève Patrick Devedjian, ministre de l'industrie: son taux de croissance est aujourd'hui moins élevé que celui de l'ensemble de l'économie. Si l'innovation reste un élément clé, elle ne conduit plus à ces ruptures conceptuelles qui ont fait la fortune de grands groupes industriels dans les années 1960-70. La chimie connaît en effet, poursuit-il, un ciseau prix-coûts puissant, qui voit sa facture en matières premières et énergie augmenter de 2,3% par an tandis que les prix de vente des produits chimiques baissent de 0,5% par an.

A ces considérations d'ordre économique, s'ajoute un renforcement de la réglementation - plus de 500 textes relatifs à l'industrie chimique en 12 ans, dénonce Jean Pelin, directeur général de l'UIC -, qui fait dire aux industriels que «la coupe est pleine». Pour Daniel Garrigue, député de la Dordogne, président du groupe d'études Seveso de l'Assemblée nationale, il faut éviter une multiplication des réglementations, le risque d'une "judiciarisation" extrême ; et, s'il faut bien sûr des réglementations, il faut aussi savoir tenir compte des cycles économiques, donc tempérer les demandes au niveau réglementaire dans les phases plus difficiles.

Si la chimie n'a pas d'image, en fin de compte, ou une image floue, «nous en sommes, dans une grande mesure, responsables», reconnaît le président de Dupont de Nemours France, Philippe Desaulles. Pendant les dix dernières années, l'industrie a peu communiqué alors qu'elle «a travaillé de façon considérable». Ces états généraux de la chimie auront été «le point de départ d'un processus de reconquête de l'opinion publique», lance, en conclusion, le président de l'UIC, Alain Devic. Il s'agira, dès 2005, de mobiliser l'industrie autour d'une stratégie cohérente, de retravailler les messages, de faire «un gros travail» vis-à-vis des médias. L'ensemble de ces actions de communication devrait être approuvé aujourd'hui, pour une mise en place au 1er trimestre 2005.

Pour le président de l'UIC, la chimie doit devenir en parallèle l'industrie du développement durable. Un groupe de travail sera ainsi mis au place pour aboutir dans un délai de 12 à 24 mois à une charte d'engagement, afin de trouver le moyen d'une communication simple et positive avec deux objectifs: «Montrer que nous tendons vers le risque zéro, savoir l'exprimer dans un contexte général où le zéro pollution est considéré comme normal.» Sur ce thème, également, un groupe de travail a été mis en place au sein de l'UIC, dont l'équipe élaborera les réponses à des questions essentielles telles que le risque cancérigène ou allergène de certains des produits. Les premières conclusions et recommandations devraient être disponibles pour l'ensemble de la profession dans six mois.

Enfin, une réforme de l'organisation est souhaitable et possible. «Nous avons, dit Alain Devic, l'obligation d'assurer une cohérence et une meilleure coordination entre les niveaux régional, national et européen et avec les secteurs.» Un projet concret, en ce sens, sera proposé à tous les adhérents dans les premiers mois de 2005.

Le gouvernement aidera le secteur industriel majeur qu'est la chimie à «prendre le virage difficile qui l'attend», promet Patrick Devedjian. Au comité stratégique sur l'avenir des industries chimiques, que préside Daniel Garrigue, d'aider à franchir une étape supplémentaire. Ses conclusions sont attendues d'ici le mois de mars 2005.




A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus