L'industrie automobile stabilise la masse des véhicules

Le 20 juin 2005 par Claire Avignon
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Des moyens de transports moins lourds donc moins émetteurs de CO2: si l'aviation tend vers cet objectif en utilisant de plus en plus de matériaux composites, l'industrie automobile semble beaucoup plus prudente.

Depuis une quinzaine d'années, la masse moyenne des véhicules augmente d'environ 10 kilogrammes (kg) par an, ce qui est dû à l'amélioration de la sécurité et du confort, mais aussi à la dépollution, avec l'équipement du pot catalytique et du filtre à particules. Aujourd'hui, une petite voiture pèse 800 kg contre plus de 2 tonnes pour les 4x4. Cela n'a pas empêché les constructeurs automobiles de baisser régulièrement la consommation de carburant. Mais pour atteindre une émission moyenne de 120 grammes de CO2 par kilomètre en 2012, l'industrie automobile doit dès aujourd'hui jouer sur d'autres tableaux, particulièrement pour les catégories moyennes et supérieures. L'utilisation de nouveaux matériaux plus légers (aluminium, matériaux composites, etc.) semble intéressante, mais les obstacles restent nombreux.

«Les matériaux plus légers coûtent beaucoup plus cher, explique Gérard Lochard, attaché de presse pour Renault. Le carbone utilisé en formule 1 est extrêmement léger et hyper résistant, mais il coûte 10 à 15 fois plus cher que l'acier. L'aluminium aussi reste encore trop onéreux.» C'est pourquoi la démocratisation de ces matériaux passera probablement d'abord par les véhicules haut de gamme pour lesquels le marketing mettra en avant l'introduction de matériaux «nobles». Toutefois, des problèmes risquent d'apparaître, selon André Douaud, directeur technique du Comité des constructeurs français automobiles (CCFA: «La directive européenne sur les véhicules hors d'usage exige une meilleure recyclabilité des voitures, indique-t-il. Or, rien ne se recycle mieux que les matériaux métalliques. Les nouveaux matériaux poseraient des problèmes de tri et ne pourraient pas être recyclés aussi bien que l'acier.»

Même si l'utilisation de nouveaux matériaux ne semble pas à l'ordre du jour pour la majorité des véhicules, les constructeurs prennent davantage en compte la masse des véhicules dans la phase de conception, en intégrant cet élément dans les cahiers des charges. «Le down sizing (diminution de la taille du moteur) a en outre permis de diminuer la masse des véhicules, se félicite André Douaud. Ils sont désormais plus petits qu'avant pour un couple équivalent. D'ailleurs, les véhicules rejetant moins de 140 g/km de CO2 ont augmenté de 24% entre 2003 et 2004, passant de 7,2% à 9,8% de part de marché.» Ainsi, après une phase d'une quinzaine d'années où la masse des véhicules a crû de plus de 100 kg en moyenne, l'industrie automobile cherche à stabiliser ce paramètre.

Une autre piste évoquée par Renault est la modification du comportement des consommateurs pour diminuer la masse des voitures: «Le succès de la Logan, qui comprend peu d'équipement, montre qu'une voiture peut être considérée comme un outil, non comme un objet de loisir», affirme Gérard Lochard. André Douaud rappelle toutefois que la Logan n'a pas obtenu les notes maximales concernant les normes de sécurité. Or, la sécurité reste la priorité des clients.



Photo: Dacia Logan par Michel de Vries




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