L’indice région vivante pour mesurer la biodiversité à échelle régionale

Le 19 avril 2018 par Marine Jobert
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Le chardonneret élégant, oiseau commun en mauvaise posture.
Le chardonneret élégant, oiseau commun en mauvaise posture.
© Thomas Galewski / Tour du Valat

Mêmes causes, mêmes effets: la biodiversité recule aussi en Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca), alerte un nouvel indicateur régional pour mesurer l’évolution des espèces de vertébrés. Un motif d’espoir: les espaces protégés protègent bel et bien.

Un nouveau venu dans la galaxie des thermomètres à mesurer la biodiversité: l’indice Région vivante (IRV). Décalque de l’indice Planète vivante créé et développé par le WWF et la Zoological Society of London en 1998, il vient d’être adapté à l’échelon régional[1], pour mesurer l’état de la biodiversité de la région Paca, à la demande du conseil régional. Si l’IRV montre une tendance générale «stable» de 2000 à 2015, avec des populations de vertébrés qui n’augmentent ni ne diminuent, la réalité d’une espèce à l’autre est «plus contrastée» et des écarts forts existent entre les secteurs géographiques.

Des espèces communes en déclin

Les espèces qui s’en sortent le mieux sont celles… qui se portaient le plus mal il y a peu encore (comme le chamois et le bouquetin, ou le flamant rose et la spatule blanche en Camargue). Leur mauvais état de conservation a suscité des mesures de protection et, «même si les populations restent fragiles», elles ont fini par se stabiliser, voire progresser. C’est particulièrement vrai dans les espaces protégés du littoral et des massifs alpins. En revanche, les espèces composant «les paysages du quotidien» -jardins, parcelles agricoles, friches- sont «mises à mal par nos modes de production et de consommation[2]», permet de mesurer l’ITR. Les effectifs d’espèces réputées communes (Martinet noir, Pinson des arbres, Pouillot véloce), qui ne sont pas protégées et dont les habitats ne font pas l’objet de mesures de conservation, se réduisent de façon «inquiétante».

La Provence intérieure menacée

Sur les 282 espèces de vertébrés observées, 165 sont protégées au niveau national et 117 ne font l’objet d’aucune protection. La situation est qualifiée «d’inquiétante» en Provence intérieure où se concentrent désormais les pressions liées à l’artificialisation (perte d’habitats, fragmentation), aux changements des activités et des pratiques agricoles. Entre 1962 à 2009, la poussée de la démographie a été de 73% en Paca.

Une protection indispensable

«Ces résultats, qui corroborent ceux obtenus sur le déclin des oiseaux ou la baisse de 75% des insectes en Allemagne, signifient que les sites Natura 2000 et les aires protégées, ça fonctionne!», analyse Thomas Galewski, chargé de projet à la Tour du Valat. Et pas besoin, souligne-t-il, d’aller jusqu’à instaurer des parcs nationaux ou des réserves intégrales. Même dans des zones de protection «assez légère», où l’activité humaine et économique persiste, mais où l’on veille au respect de la biodiversité patrimoniale, les espèces relèvent la tête.

 

 

 



[1] C’est la région Paca qui en est à l’initiative, en collaboration avec l’Observatoire régional de la biodiversité de Paca, l’Agence régionale pour l’environnement et l’écodéveloppement Paca et l’appui scientifique de la Tour du Valat, un institut de recherche pour la conservation des zones humides méditerranéennes.

[2] En région Paca, les surfaces artificialisées ont augmenté de 20% et de 1% pour les sols boisés entre 2006 et 2014.

 



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