L’Inde relance son nucléaire civil

Le 26 août 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Moins d’une semaine après son adoption en Conseil des ministres, la Lok Sabha (chambre basse du parlement indien) a adopté mercredi 25 août un projet de loi portant sur la responsabilité civile en cas d’accident nucléaire. Ce texte, qui doit encore être approuvé par la Rajya Sabha (chambre haute), fixe le niveau de responsabilité financière de l’exploitant des centrales nucléaires, l’électricien public NPCIL, mais aussi de ses fournisseurs. Le texte considère, en effet, qu’un accident peut être provoqué par des matériels défectueux du réacteur. Pour satisfaire les exigences du parti nationaliste hindou, le BJP (plutôt hostile au développement de l’énergie nucléaire par des compagnies étrangères), et du parti communiste (hostile au nucléaire), New Delhi a fixé des niveaux de responsabilité assez élevés pouvant atteindre 15 milliards de roupies, soit l’équivalent de 250 millions d’euros.

 

Non signataire du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), l’Inde ne pouvait acquérir de technologies nucléaires auprès des fournisseurs occidentaux. Ce qui ne l’a pas empêchée de construire 19 réacteurs, dont deux Candu canadiens et deux réacteurs à eau bouillante General Electric. Les 15 autres tranches ont été développées localement. L’Inde construit actuellement 3 nouvelles centrales (4 réacteurs en tout), dont celle de KudanKulam qui sera équipée de 2 VVER 1.000 construits par le Russe Atomstroyexport.

 

Dotée d’un peu plus de 4.200 mégawatts (MW) de capacité, l’Inde prévoit de multiplier par 8 la puissance de son parc nucléaire d’ici 2035. Pour ce faire, elle a conclu en septembre 2008 un accord avec le Groupe des fournisseurs nucléaires [qui regroupe les principaux pays fournissant des équipements lourds nécessaires à la construction de centrales nucléaires]. Des accords bilatéraux de coopération ont également été signés avec les Etats-Unis, la France, la Russie, le Royaume-Uni, le Canada, l’Argentine, le Kazakhstan, la Mongolie et la Namibie. Ces trois derniers pays étant d’importants producteurs d’uranium.

 

Le vote de la loi sur la responsabilité civile arrive à point nommé. Barack Obama se rend en visite officielle en Inde dans quelques semaines, et pourrait conclure d’importants accords nucléaires. Nicolas Sarkozy espère, de son côté, signer un contrat portant sur la livraison de deux réacteurs EPR, lors de son déplacement dans la plus grande démocratie du monde, en décembre.



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