L’Inde et ça repart

Le 02 octobre 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
New Delhi a publié son INDC, le jour anniversaire de la naissance de Gandhi.
New Delhi a publié son INDC, le jour anniversaire de la naissance de Gandhi.
DR

In extremis, la plus grande démocratie du monde a déposé, jeudi 1er octobre, sa contribution climatique nationale. Comme prévu, elle ne fixe pas d’objectif quantifié de réduction d’émission de gaz à effet de serre.

Christiana Figueres est contente. Au 1er octobre, date limite à laquelle les pays parties à la convention de l’ONU sur le changement climatique pouvaient fournir leur contribution nationale volontaire (INDC), 146 de ces promesses nationales avaient été publiées. Ce qui représente 87% environ des émissions anthropiques de gaz à effet de serre, comptabilise la secrétaire exécutive de la convention.

Si le bilan climatique de ces INDC reste encore discuté, la diplomate costaricaine se réjouit de la dynamique engagée: «Plus de 80% des plans comprennent des objectifs quantitatifs et plus de 80% incluent aussi des mesures prévues pour s'adapter au changement climatique».

Yoga et Gandhi

Autre motif de réjouissance: l’Inde a fini par envoyer sa copie, quelques minutes à peine avant l’expiration du délai. A bien des égards, ce document est étonnant. Très long[1], il est probablement le seul envoyé à l’ONU à évoquer le yoga ou le Mahatma Gandhi.

Il précise aussi, et surtout, les engagements climatiques de New Delhi. La plus grande démocratie du monde prévoit donc d’abaisser de 20 à 25% l’intensité carbone de son économie entre 2005 et 2020[2]. Ce qui n’est pas aussi ambitieux que l’on pourrait croire. La moitié de ce chemin a déjà été réalisé entre 2005 et 2013.

40% du parc décarboné

Ne souhaitant pas réformer son agriculture (grosse pourvoyeuse d’emplois et d’émissions de méthane), l’Inde concentre l’essentiel de son action sur l’énergie et la forêt. Elle entend ainsi faire passer de 36 à 175 gigawatts électriques la puissance de ses centrales électriques utilisant des énergies renouvelables d’ici 2020. Dans le même temps, la capacité des centrales à bois passera de 4 à 10 GW. Autre énergie décarbonée, le nucléaire n’est pas oublié. Avant 2032, les électriciens indiens exploiteront un grand nombre de réacteurs, pour une puissance installée totale de 63 GWe: 12 fois plus qu’aujourd’hui. Au total, 40% du parc électrique indien n’utilisera pas d’énergies fossiles en 2030.

King Coal

N’en déplaise aux environnementalistes, le charbon restera l’énergie de référence pour produire du courant. Les futures centrales devront toutefois mettre en œuvre les meilleures technologies disponibles, de type ultra-super critique. Aucune obligation, en revanche, de capter le CO2 en sortie de cheminée pour l’injecter en sous-sol. Le gouvernement Modi entend aussi accroître l’efficacité énergétique.

Les normes thermiques des bâtiments seront durcies. L’industrie devra produire plus en consommant moins. Les émissions (et la consommation) des véhicules devront baisser. Les exploitants des réseaux d’adduction d’eau devront réduire le taux de fuite de leurs installations et la consommation d’énergie des systèmes de pompage. Les collectivités locales seront mises à contribution: 550 kilomètres de lignes de métro sont actuellement en construction et 600 autres km sont en projet. Les avenues des grandes villes devront systématiquement être végétalisées: 140.000 km d’avenues pourraient être plantées d’arbres.

Après avoir vu sa forêt reculer fortement, l’Inde va engager un programme de reforestation sur près de 10 millions d’hectares. De quoi stocker 100 millions de tonnes équivalent CO2 par an et récupérer, espère-t-elle, des crédits Reed+. Globalement, New Delhi prévoit d’investir 206 milliards de dollars (184,6 Md€) dans ses programmes d’adaptation aux conséquences des changements climatiques. Reste à savoir comment elle les financera.

 



[1] Le texte s’étend sur 38 pages, contre 5 à 6 pages pour la plupart des autres contributions.

[2] Et de 33 à 35% entre 2005 et 2030

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus