L’Inde accepte enfin l’interdiction de l’endosulfan

Le 29 avril 2011 par Geneviève De Lacour
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L’Inde a accepté l’interdiction de l’endosulfan, à condition que des alternatives économiquement viables soient identifiées. Selon un article publié aujourd’hui 29 avril dans le journal indien The Economic Times, l’Inde aurait accepté un compromis à la Conférence des Parties de la convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants (POP), qui s’est tenue à Genève du 25 au 29 avril.

Les POP sont des produits chimiques toxiques qui se dégradent très difficilement dans l'environnement. Ils sont cancérogènes, provoquent des désordres hormonaux et des perturbations dans la reproduction.

Interdit en Europe et aux Etats-Unis, l’endosulfan est un insecticide organochloré encore employé en Chine et surtout en Inde où il a fait de nombreuses victimes. La 5e Conférence des Parties a examiné l’éventuelle interdiction de ce pesticide utilisé dans les champs de coton, qui apparaitrait alors comme le 22e polluant banni inscrit sur la liste de la convention.

Appelé en Inde «le spray de la mort», l’insecticide utilisé dans les plantations de noix de cajou aurait causé la mort de 500 habitants du nord du Kerala, selon un article du journal Le Monde en date du 29 avril. 4.000 personnes exposées à cet insecticide ont développé des malformations, des cancers et des troubles neurologiques. Interdit dans l’Etat du Kerala et du Karnataka depuis le début des années 2000, le ministre en chef du Kerala réclamait qu’il soit banni dans tout le pays. Le 25 avril a même été déclaré «journée anti-endosulfan» au Kerala.

Le sous-continent indien demeure le principal producteur et exportateur du pesticide et se déclarait jusqu’à présent contre toute interdiction. Lors de cette 5e Conférence des Parties, la Chine et l’Ouganda ont également déclaré vouloir continuer à épandre ce produit sur leurs cultures.

Grâce au compromis trouvé, l’endosulfan devrait être prochainement listé en annexe A de la convention de Stockholm, ce qui interdira sa production et son utilisation en raison des risques pour les êtres humains et l’environnement.

Une nouvelle qui ne sera pas du goût du gouvernement du Kerala qui réclamait une interdiction immédiate de son utilisation au niveau national.

 
En effet, si l’interdiction elle-même est actée, toutes les exemptions proposées par l’Inde ont été acceptées. L’inscription à l’annexe A va prendre un an, et les exemptions seront valides pendant 5 ans, renouvelables une fois. En d’autres termes, l’Inde pourra continuer à utiliser l’endosulfan tant que des alternatives n’auront pas été trouvées, et l’interdiction totale ne devrait donc être effective que dans 11 ans. 
 


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