L'incinérateur d'Hénin en conformité

Le 30 septembre 2005 par Christine Sévillano
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L'usine d'incinération d'Hénin-Beaumont vient de terminer ses travaux de mise en conformité selon les dispositions de l'arrêté de 2002.

Si le ministère chargé de l'environnement s'inquiète du retard des travaux de mise en conformité de certaines usines d'incinération des ordures ménagères (UIOM) d'ici le 28 décembre 2005, comme l'impose la directive européenne, d'autres commencent déjà à fonctionner sous le nouveau régime comme l'usine d'Hénin-Beaumont (Nord-Pas-de-Calais) dont les modifications ont été présentées à la presse le 26 septembre. Les principaux travaux ont porté sur les analyseurs de gaz d'incinération en continu à hauteur de 400.00 euros. «En changeant notre matériel obsolète, nous répondons désormais à la nouvelle réglementation qui demande un contrôle des NOx et des composés organiques volatils en permanence», explique Gérard Davourie, directeur du site exploité par le groupe Tiru. L'incinérateur s'est doté d'un appareillage lui permettant de répondre immédiatement à toute panne en moins de 4 heures. La direction a dû parallèlement revoir ses contrats de maintenance pour tenir ce délai, ce qui a entraîné une multiplication des coûts par 5.

Autre investissement important: la mise aux normes de la régulation de la combustion des fours permettant ainsi une baisse des émissions de polluants. «Nous séparons l'air chaud et l'air froid afin d'obtenir une forte réduction des monoxydes de carbone (CO) et des poussières», poursuit le directeur. En ce qui concerne les dioxines, le site était déjà aux normes, puisqu'il n'émettait avant les travaux que 0,03 nanogramme de dioxines par normo-mètre cube (ng/Nm3) de fumées émises (1), un taux qui ne devrait pas beaucoup évoluer. «Les dioxines engendrent des comportements parfois démesurés. Les usines d'incinération émettent aujourd'hui moins de dioxines que certaines industries chimiques. Il vaut mieux que nous nous concentrions sur des polluants tels que les CO et les acides chlorhydriques (HCl)», assure Gérard Davourie, qui s'attend à d'autres étapes de sévérisation de la réglementation dans les années à venir.

D'autres modifications ont été effectuées comme la mise en place d'un groupe de sécurité, un onduleur plus précisément, qui doit prendre le relais en cas de coupure d'électricité. Ce système a été préféré au système électrogène en raison de sa réponse plus rapide (quelques secondes). Enfin, d'autres travaux ont été réalisés comme la mise en conformité du réseau de lutte contre l'incendie, la mise en place d'un contrôle d'accès usine avec détection radioactive, l'automatisation de la vanne de détournement des eaux incendie, la création d'une dalle de mâchefers ou la réalisation d'un entrepôt fermé de stockage de coke de lignite.

La facture s'est élevée à plus d'un million d'euros, alors qu'une mise en conformité réalisée en 2000 avait déjà coûté 1,2 million d'euros. Le propriétaire du site, la Communauté d'agglomération d'Hénin-Carvin, a mis en place les investissements assez rapidement suite à l'arrêté du 20 septembre 2002. «Et c'est tant mieux, car certains ont attendu la dernière minute, subissant alors une hausse des prix face à une forte demande dans un court laps de temps», conclut Gérard Davourie.



(1) Toutes les UIOM devront, à partir du 28 décembre 2005, émettre moins de 0,1 nanogramme de dioxines par normo-mètre cube (Nm3) de fumées émises.




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