L'importance économique de la biodiversité mise en avant

Le 22 juillet 2008 par Claire Avignon
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email

Mettre la perte de biodiversité au même plan que les changements climatiques: c’est l’objectif d’une initiative de la Commission qui vise à produire le même effet que le fameux rapport Stern.

Une diminution de 11% des zones naturelles entre 2000 et 2050; 40% des terres actuellement exploitées par des formes d’agriculture peu intensive converties en terres d’agriculture intensive à la même échéance; disparition de 60% des récifs coralliens d’ici 2030. Ce sont quelques-unes des tendances que prévoit un rapport d’étape d’une étude sur l’économie des écosystèmes et de la biodiversité, dite Teeb, présentée à Paris le 16 juillet. Teeb avait déjà été médiatisée lors de la conférence des parties à la convention sur la biodiversité, organisée en Allemagne en mai dernier. Elle est soutenue par le commissaire européen chargé de l’environnement Stavros Dimas et par le ministre allemand chargé de l’environnement Sigmar Gabriel.

Les résultats finaux ne seront pas présentés avant l’automne 2010. Ils auront comme arrière-plan les questions d’équité et d’éthique, qui se posent à travers celle du «taux d’actualisation»: le monde peut-il envisager de renoncer à des revenus actuels au profit des générations futures (taux d’actualisation nul), ou bien profiter de bénéfices aujourd’hui au détriment des générations à venir (taux d’actualisation de 3 à 5% généralement utilisé)? Quoi qu’il en soit, le monsieur Stern de la Teeb, l’Indien Pavan Sukhdev, directeur à la Deutsche Bank, prévient: «Appliquer un taux d’actualisation de 4% sur 50 ans implique que nous évaluons un futur bénéfice de la biodiversité pour nos petits-enfants à seulement un 7e de la valeur que nous en retirons actuellement!». Il ajoute dans son rapport: «C’est une position éthique difficile à défendre».

Malgré la volonté claire de l’économiste de prendre en compte le bien-être des générations futures, celui-ci n’a pas voulu tomber dans le même piège que Sir Stern à qui l’on a reproché d’avoir pris un taux d’actualisation proche de zéro pour être le plus alarmiste possible. Différents scénarios vont donc être présentés en fonction du taux d’actualisation choisi.
Pavan Sukhdev veut également mobiliser la scène politique internationale en insistant sur les effets de la perte de biodiversité sur les plus pauvres. La nature permet de subvenir aux besoins de 1,5 milliard de pauvres sur la planète, explique-t-il: «Les activités industrielles comme la construction automobile et les technologies de l’information ne pourront pas fournir d’emplois à tous ces gens. Il faut donc préserver la biodiversité.»

Malgré ces analyses chocs, le chemin sera encore long avant d’emporter l’adhésion des personnalités politiques, mais surtout, insiste l’Indien, de «l’homme de la rue qui ne comprend pas encore que la perte de biodiversité a des effets sur son bien-être». Les problèmes scientifiques seront également nombreux à régler, car les données continuent à manquer pour évaluer les écosystèmes. Or, la nature reste un parent pauvre de la recherche. Pour Ladislav Miko, directeur en charge de la protection de l’environnement naturel à la Commission européenne, présent à Paris le 16 juillet: «Si nous réussissons à ce que les politiques s’emparent du sujet et des outils de préservation que nous préparons, alors on développera la recherche».


A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus