L'impact de la pollution de l'air intérieur remis en cause

Le 09 novembre 2005 par Claire Avignon
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Un article scientifique revient sur le lien entre le syndrome du bâtiment malsain («sick building syndrome») et la pollution de l'air intérieur et remet en cause les résultats des précédentes études.

Retour à la case départ. La plupart des chercheurs cherchent dans la pollution de l'air intérieur l'origine du syndrome du bâtiment malsain (SBM), ce type d'épidémie où plusieurs personnes qui travaillent dans un même bâtiment souffrent de syndromes identiques (maux de tête, nausées, malaises, irritation des yeux, etc.). Aux Etats-Unis, ce ne sont pas moins de 800.000 à 1,2 million de travailleurs qui souffriraient de cette maladie. L'ozone et les composés organiques volatils (COV) restent parmi les polluants les plus présents dans les environnements intérieurs. Pourtant, des chercheurs américains de l'Etat du New Jersey viennent de montrer que les COV avec ou sans la présence d'ozone (O3), ne peuvent pas être tenus responsables d'effets sanitaires, notamment des changements neurocomportementaux ou des problèmes respiratoires constatés dans les «bâtiments malades». Les résultats ont été publiés dans le numéro de novembre de la revue scientifique Environmental health perspectives.

130 femmes en bonne santé ont participé à la recherche. Seules les femmes ont été retenues car, statistiquement, elles souffrent plus que les hommes du SBM. Lors de leur travail, elles ont été exposées pendant une durée moyenne de 3 heures aux COV et/ou à l'oxzone, avec une concentration de 26 milligrammes par mètre cube (mg/m3) pour le premier polluant et de 40 parties par milliard (ppb) pour le second. La moitié ont subi en outre un facteur de stress qui a consisté à devoir préparer et énoncer une allocution sur un sujet controversé, comme la place des homosexuels dans l'armée. Les paramètres potentiellement liés au SBM comme l'humidité ou la température ont été contrôlés constants.

Ensuite, les sujets ont répondu à un questionnaire sur les éventuels problèmes de santé ressentis et leur taux de cortisol, une hormone, a été enregistré afin d'évaluer leur réponse au stress. Les calculs statistiques apparaissent clairs: ni l'exposition aux COV, ni l'exposition aux COV et à l'ozone, ni l'interaction entre l'exposition aux polluants et un facteur de stress, ne sont liés à l'apparition de symptômes généralement liés au SBM. Et cela, «malgré des différences significatives dans la composition chimique de l'air», soulignent les chercheurs. Une première limite à cette recherche est qu'elle a seulement pris en compte des temps d'exposition courts. Les chercheurs avancent également que c'est peut-être le taux de ventilation –ici relativement élevé- combiné ou non avec la présence de polluants, qui est à l'origine du SBM. D'une manière générale, on peut penser que c'est une combinaison de nombreux facteurs, dont les polluants, mais aussi la température, la ventilation, etc. qui expliquera l'apparition toujours mystérieuse des SBM.




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