L'impact de la Pac sur la consommation d'eau

Le 14 février 2006 par Christine Sévillano
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Une étude du ministère chargé de l'environnement montre que l'impact de la nouvelle politique agricole commune pourrait réduire les besoins en irrigation, mais assez faiblement puisque la France a changé la donne de cette réforme.

Le ministère chargé de l'environnement vient de mettre en ligne un rapport de la direction des études économiques et de l'évaluation environnementale (D4E) sur les effets de la réforme de la politique agricole commune (Pac) sur la consommation d'eau par l'agriculture. L'activité représente près de la moitié des volumes d'eau consommés annuellement et jusqu'à 80% dans certaines régions comme Poitou-Charentes. Le rapport rappelle que les différentes réformes de la Pac ont par le passé favorisé le mode de l'irrigation afin d'accroître la productivité, et ce à tel point qu'entre 1970 et 2000, les surfaces irriguées ont été multipliées par 3 pour atteindre 1,5 million d'hectares en France. Le maïs représente 50% de l'irrigation, et arrive loin devant les légumes frais (8%), les vergers et petits fruits (7%). Toutefois ces 3 cultures absorbent les deux tiers des besoins d'irrigation. L'inégalité a aussi un caractère régional puisque 9 régions (Aquitaine, Midi-Pyrénées, Centre, Poitou-Charentes, Pays de la Loire, Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte-d'Azur, Languedoc-Roussillon et Alsace) représentent 90% de l'irrigation. Et les besoins se font davantage ressentir en période d'étiage provoquant des situations conflictuelles sur l'usage de l'eau.

Les incitations de la Pac à l'irrigation trouvent leur point d'orgue avec la réforme de 1992 avec la création d'une surprime à l'irrigation qui devait aider les agriculteurs irrigants à amortir des investissements. Le système de rendement de référence distinguant les cultures «en sec» et «en irrigué» instaurait en fait un transfert de prime, au profit des producteurs irrigants et au détriment des producteurs non-irrigants. La nouvelle réforme de la Pac avec le découplage total des primes et donc la suppression de la surprime devrait limiter le phénomène. Toutefois, la France a choisi un recouplage partiel qui maintient une partie de la surprime. En prenant en compte ces informations et en se basant sur les données de l'année 2002, la D4E montre que les volumes d'eau consommés par l'agriculture se réduiraient d'environ 7% et ce grâce à une baisse de la culture du maïs. Les régions les plus marquées par des conflits seraient celles où s'accompliraient les efforts les plus importants: Midi-Pyrénées pourrait voir les volumes diminuer de 21%, Poitou-Charentes de 12% et Aquitaine de 8%. Le rapport est toutefois sans appel: l'option de découplage française n'apportera qu'une réponse partielle. Et ce à une condition: que les prix de maïs n'augmentent pas fortement…




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