L’immobilier prend un peu de «valeur verte»

Le 09 juin 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
La plupart des logements vendus en 2014 ont de piètres performances énergétiques.
La plupart des logements vendus en 2014 ont de piètres performances énergétiques.
DR

Les propriétaires renâclent à améliorer la performance énergétique de leur logement. Les professionnels de l’immobilier tentent de les convaincre qu’économie d’énergie peut rimer avec préservation du patrimoine.

En un mot, comme en 100: les proprios s’en moquent un peu. Selon un sondage que publie ce mardi 9 juin le réseau de 1.250 agences immobilières Orpi, 53% des propriétaires interrogés se sentent plus ou moins concernés par la performance énergétique de leur logement. Et seuls 38% d’entre eux l’ont fait auditer. L’immense majorité des autres (93%) n’entendent pas lever le petit doigt pour améliorer leur situation.

Sans surprise, les locataires (ceux qui paient les charges et subissent les conséquences d’une mauvaise isolation) sont d’un tout autre avis. Un sur deux estime «mauvaise» la performance énergétique du logement qu’il occupe. Ces piètres performances dégradent le confort et le pouvoir d’achat, pour 80% d’entre eux. Signe des temps: les locataires n’entendent plus se laisser pomper les calories sans rien dire. 75% prennent en compte les caractéristiques thermiques pour choisir maison ou appartement; pourcentage qui atteint 88% pour les futurs acheteurs. Encore impossible à quantifier, la performance énergétique des logements a pourtant une valeur.

64% des logements vendus sont énergivores

Balbutiante, cette sensibilisation à la «valeur verte» immobilière peine à se concrétiser. Si la plupart des petites annonces diffusées par les agences comportent l’étiquette énergie, «tel n’est pas le cas de celles qui sont publiées par les journaux spécialisés», regrette Bernard Cadeau, président du groupement Orpi. Les vendeurs ne sont pas encore prêts à revaloriser leur bien avant de le mettre sur le marché: sur les 735.000 logements vendus l’an passé, 64% étaient énergivores et moins de 2% classés dans les catégories A et B.

+5% Nombre d’études montrent, en France et à l’étranger, que plus la performance énergétique d’un logement est élevée, plus importante sera sa valeur vénale. Cette vérité scientifique se vérifie-t-elle sur le marché ? Dans une étude publiée en mars dernier, l’association Dinamic estime qu’il existe un écart de valeur de 5%, en moyenne, par lettre du diagnostic de performance énergétique (DPE). Ceci tend à se confirmer également pour le marché locatif. Dans le sondage réalisé pour Orpi, 63% des locataires se disent prêts à payer un loyer plus élevé pour bénéficier d’un logement à faible coût énergétique.

Pour autant, les professionnels affichent un certain optimisme. «à terme, la législation empêchera la mise sur le marché de logements énergivores. Cela commencera par la classe G puis F», pronostique Philippe Pelletier, avocat spécialisé. Certes, la loi sur la transition énergétique pour la croissance verte aidera.

Sensibiliser les propriétaires

Mais cela n’ira pas tout seul. «Après avoir formé les professionnels du bâtiment aux problématiques énergétiques, nous allons devoir sensibiliser les syndics, les gestionnaires et les agents immobiliers. Car ce sont eux qui devront convaincre les propriétaires qu’il est de leur intérêt d’améliorer l’isolation ou le système de chauffage de leur logement», poursuit le président du plan Bâtiment durable.

Orpi l’a bien compris. Dès l’automne, le réseau ouvrira des points conseils de performances énergétiques dans ses agences immobilières.

 

 

SOMMAIRE DU DOSSIER 

Le vélo, source d'économie pour les villes

10 pétroliers s'engagent à réduire le torchage

A Strasbourg, des médecins s'insurgent contre la pollution

Au Sri Lanka, les mangroves sortent la tête de l'eau

Premier retrait, en France, d'un récif artificiel

Tarification solidaire de l'eau: le bilan positif de Dunkerque

42 restaurants parisiens collectent pour l'avenir 

9 pays s'engagent à moins polluer la Baltique

A Chypre, l'effraie protège le caroubier

L'immobilier prend un peu de valeur verte

REVENIR AU SOMMAIRE

 

 

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus