L’Ile-de-France: première région polluée de France

Le 25 juin 2013 par Stéphanie Senet
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469 sites et sols pollués ont été recensés en Ile-de-France
469 sites et sols pollués ont été recensés en Ile-de-France

La désindustrialisation de la petite couronne francilienne a laissé des traces dans l'environnement. 469 sites et sols pollués ont été identifiés par la Direction régionale et interdépartementale de l’environnement et de l’énergie d’Ile-de-France (Driee-IF).

Si le paysage industriel d’Ile-de-France se réduit, avec la cessation d’activité de 286 sites en 2012, des risques importants d’accidents sont encore d’actualité, en raison de la présence sur le territoire d’une raffinerie et d’une industrie du déchet et de la chimie conséquentes, de deux usines automobiles et de plus de 90 sites classés Seveso. «La petite couronne, en voie de désindustrialisation, a par ailleurs laissé un passif environnemental qui représente 500 pollutions connues par l’Etat et fait de l’Ile-de-France la première région polluée de France», a expliqué Pierre-Louis Dubourdeau, chef du pôle Prévention des risques de la Driee-IF lors de la conférence de presse de présentation de l'état de l'environnement industriel 2012 en Ile-de-France, ce 25 juin à Paris.

Au total, les 130 inspecteurs de la Driee-IF ont réalisé 1.500 visites en 2012, soit à peu près autant qu’en 2011 (1.542 contrôles), sur un territoire qui compte 16.345 installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) (1) et en particulier 39 sites Seveso classés AS, 54 sites Seveso à seuil bas et 106 carrières. Il faut y ajouter 400 contrôles inopinés des rejets effectués par des laboratoires extérieurs.

De leur côté, les industriels n’ont pas développé de comportement vertueux l’an dernier. Autant de sanctions ont été prononcées, soit 291 mises en demeure (rappel de la réglementation), 22 consignations de somme et 86 procès-verbaux.

«Au niveau de la réglementation nationale, on a observé l’an dernier un mouvement de simplification administrative, avec le lancement de la procédure d’enregistrement, plus souple et plus rapide que le système d’autorisation», a ajouté Laure Tourjansky, directrice adjointe de la Driee-IF. Là où une autorisation demande un an de démarches, un simple enregistrement ne prend que 5 mois.

En matière de plan de prévention des risques technologiques (PPRT), le retard francilien est en train d’être rattrapé avec 16 plans approuvés au total (5 en 2012) sur les 28 prescrits. «Notre objectif est d’aboutir à 9 nouveaux PPRT avant la fin de l’année, pour que 90% des plans prévus soient finalisés, alors que 50% seulement le seront au niveau national», a indiqué Pierre-Louis Dubourdeau.

Si les canalisations de transport de produits chimiques et de gaz représentent l’une des principales préoccupations de la Driie-IF, c’est parce qu’environ 1 million de Franciliens vivent à moins de 100 mètres d’un tel équipement. Des services d’utilité publique seront mis en place dans les deux prochaines années pour assurer une meilleure surveillance.

Concernant la prévention des risques chroniques, il y a encore fort à faire. 26 établissements ont engagé des plans de réduction de leurs émissions dans l’air (HAP, benzène, PCB, dioxines, solvants chlorés) et 21 sites des actions de substitution. Les pollutions de l’eau n’ont donné lieu qu’à des recherches de substances dans 260 établissements, et à des programmes de réduction dans seulement 52 cas.

Au titre des priorités 2013, les 30 millions de tonnes annuelles de déchets produits par le bâtiment et les travaux publics restent sous haute surveillance, tout comme les centres de VHU (12 sites non agréés ont été identifiés en 2012 et 40 visites sont prévues cette année).

Enfin, les sites et sols pollués feront l’objet d’une plus grande vigilance, avec une extension des garanties financières demandées aux exploitants d’ici 2014 (jusque-là, seules les décharges et les sites Seveso AS étaient concernés) (voir JDLE). Les 469 sites et sols pollués identifiés dans la région font d’ailleurs l’objet d’une information publique sur le site internet Basol, développé par le ministère de l’écologie.

(1) dont 2.170 soumises à autorisation, 175 à enregistrement et environ 14.000 à déclaration.



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