L’Ile-de-France entend relancer la géothermie

Le 05 mai 2009 par Victor Roux-Goeken
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L’Ademe Ile-de-France veut croire à la relance de la géothermie dans la région grâce à un forage dans le nord-est de la capitale. Avec l’Aquitaine, l’Ile-de-France possède l’un des plus forts potentiels de France. 54 forages avaient déjà été réalisés dans les années 1980, dont 34 sont toujours en activité.

En inaugurant lundi 27 avril un forage géothermique dans le nord-est de Paris près de la porte d’Aubervilliers -le premier depuis les années 1980-, la délégation d’Ile-de-France de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) entendait marquer le début d’une série de projets de géothermie profonde (1.800 mètres) dans la région.

Exploitée par la Compagnie parisienne de chauffage urbaine (CPCU), filiale à 75% de GDF-Suez, l’installation de 31 millions d’euros permettra d’alimenter en chaleur, à l’automne 2009, plus d’un million de mètres carrés d’habitations, de commerces et de bureaux à venir dans ce secteur. Soit 10.000 à 15.000 équivalent-logements. Elle devrait générer 52.000 mégawattheures par an d’origine géothermique et éviter l’émission de 14.000 tonnes de CO2 par an en alimentant ce secteur grâce à une chaleur dite renouvelable à 75% –la valorisation thermique des déchets ménagers constituant la moitié de cette part.

L’eau pompée dans la nappe du Dogger est à 57° C. Une fois ses calories utilisées, elle est réinjectée à 20° C dans la nappe. La CPCU planche avec l’Agence nationale de la recherche (ANR) sur un projet baptisé Géostocal, pour stocker l’excédent d’énergie en été afin de «recharger» la nappe, selon Jean-Christophe Allué, directeur général adjoint de la compagnie. Le rendement serait supérieur à 80%.

La CPCU dispose actuellement de 3 usines de valorisation énergétique des déchets ménagers, et de 7 chaufferies, ce qui lui permet de couvrir 25% des demandes en chaleur urbaine de la capitale, dont le tiers du chauffage collectif; et 2 centrales de cogénération génèrent 1.000 gigawattheures d’électricité par an.

Le forage fait partie d’une stratégie de la compagnie pour augmenter la part d’énergie renouvelable –incinération des déchets ménagers incluse– dans son bouquet énergétique. La valorisation thermique des déchets assure 46% du bouquet énergétique, et devrait passer à environ 40% en 2012. La part renouvelable au sens strict du terme devrait couvrir 12% de l’énergie primaire à cette date. Pour le moment, le prix de revient du mégawattheure de la chaleur géothermale se situe entre 45 et 50 €, contre 40 pour le MWh du mix «classique».

En augmentant cette part «renouvelable» à 60%, la CPCU pourra bénéficier d’une TVA réduite à 5,5% (contre 19,6%) sur la chaleur distribuée, et réduire le prix de revient. D’ailleurs, la part nécessaire d’ENR pour bénéficier d’une TVA réduite pourrait être ramenée à 50% avec le projet de loi Grenelle II.

Selon le délégué régional de l’Ademe Guy Simmonot, la production de 400.000 tonnes équivalent-pétrole (200 à 250.000 équivalent-logements) devrait être assurée par la géothermie en Ile-de-France d’ici 2012, grâce à 3 à 5 forages par an d’ici cette date. Et le fonds Chaleur, dont n’a pas bénéficié le forage en question puisque antérieur, doté de 1 milliard € sur 3 ans et géré par l’Ademe, devrait entretenir le mouvement.


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