L’Ile-de-France cherche son avenir

Le 14 février 2013 par Marine Jobert
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L'Ile-de-France comprend encore 51% d’espaces agricoles et 24% d’espace forestier.
L'Ile-de-France comprend encore 51% d’espaces agricoles et 24% d’espace forestier.
JP Houdry/EPA Plaine de France

Après plusieurs mois de consultations tous azimuts, la région Ile-de-France présente le bilan de réflexions de professionnels, d’experts et de citoyens sur des thématiques essentielles à la vie des Franciliens. Rien de très novateur, peu de leviers d’action, mais une prise de conscience de l’indispensable «humanisation» de ce Bassin qui concentre 20% de Français sur 2% du territoire national.

L’Ile-de-France et ses 12 millions d’habitants méritaient bien des Etats généraux. C’est chose faite avec les Ecociliens, processus lancé depuis 15 mois par le conseil régional. 35 réunions d’experts, d’élus et de professionnels se sont tenues, avec 7 ateliers territoriaux et plus de 70 propositions formulées autour du devenir économique, social et écologique de l’Ile-de-France. Une assemblée plénière, le 13 février, a fait la synthèse de ces travaux qui tiennent plus de la prospective douce que de la démarche révolutionnaire. A peu près tous les domaines essentiels de la vie quotidienne des Franciliens ont été abordés: la mobilité et les transports, l’agriculture et l’alimentation, l’emploi à travers la relocalisation de l’industrie, et la définition des critères de haute qualité sociale pour les projets que peuvent éventuellement soutenir les collectivités locales.

 

Avec une densité de presque 1.000 habitants au kilomètre carré, le territoire régional comprend encore 51% d’espaces agricoles et 24% d’espace forestier. Soit pratiquement les mêmes proportions que la moyenne nationale. Mais cette surface «diminue régulièrement du fait de la forte pression de l’urbanisation». C’est donc dans une opération «zéro gaspillage de foncier» que souhaite se lancer la région. Même «s’il paraît difficile de s’interdire toute utilisation de terres agricoles à des fins d’urbanisation, il est impératif (…) que l’on tienne compte du fait que chaque hectare de terre agricole ne se vaut pas au regard des fonctionnalités et potentialités culturales». Une fois le constat posé, on attendrait des pistes de mise en œuvre. Mais hormis un «réseau de sentinelles du foncier» pour alerter sur les projets d’artificialisation problématiques, aucun dispositif concret, et encore moins coercitif, de nature à endiguer véritablement le phénomène n’est proposé. Il s'agit davantage d'une réflexion autour de «l’offre en produits agricoles et alimentaires via des projets de filières», de «mise en relation avec les consommateurs à l’échelle régionale» et de «création ou réhabilitation d’outils de transformation grâce à des aides financières». Les propositions en matière d’alimentation s’achèvent sur le souhait de «renforcer la démarche d’introduction de produits biologiques locaux dans les cantines des lycées via les dispositifs pilotes».

 

L’atelier Bâtiment a exploré plusieurs pistes. Notamment «le renforcement de la qualité des produits et des prestations, l’amélioration de la coordination entre métiers et la limitation de la sous-traitance». Le problème des déchets de construction, en augmentation [JDLE], doit déboucher sur «une traçabilité des flux et une valorisation optimale, la prévention, le réemploi et le recyclage/fin de vie du bâtiment». La synthèse préconise même que l’organisation de la gestion des déchets du chantier soit prise en compte «dès la rédaction des cahiers des charges».

 

L’épineuse question des transports n’a pas débridé l’imagination des participants. Se cantonnant à «l’optimisation de l’existant [pas de proposition en termes d’infrastructures] et sur l’innovation, technologique comme sociale», les Ecociliens ont privilégié la promotion d’une «meilleure information des usagers», notamment sur les horaires et les itinéraires, avec une meilleure signalétique ou un soutien au covoiturage. Ils recommandent la réalisation d’un plan de déplacement des administrations, notant qu’«en Ile-de-France plus qu’ailleurs, le trajet domicile-travail est source de préoccupations constantes». Du coup, ils proposent d’encourager la «non-mobilité» professionnelle, au travers des écocentres et espaces co-working existants, et par l’expérimentation par la région de services de télétravail, à l’attention de ses propres agents.

 

Des transports, mais pour aller travailler où? A la délicate frontière entre la démarche du secteur privé et l’interventionnisme public, les Ecociliens ont préconisé la «sanctuarisation des activités industrielles en édictant des règles précises de protection des zones industrielles en matière d’urbanisme», «l’importance du lien entre les activités industrielles et la logistique» (avec un appel à soutenir le transport fluvial), ou encore la «rénovation ou la création de nouveaux parcs d’activités». Des projets que la région pourrait soutenir, mais à la lumière de la «critérisation des aides économiques aux entreprises», ont estimé les participants de l’atelier Haute qualité sociale. Soit au travers d’aides économiques directes et indirectes, dans les procédures de la commande publique ou dans la recherche d’engagements Haute qualité sociale pour l’institution régionale, ses organismes et ses partenaires.

 

Les Ecociliens devraient se poursuivre, notamment par une réflexion accrue en direction des mobilités. Après information des acteurs concernés, «un bilan devra être réalisé».



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